D’ I T A L I E Liv. XXIV. Ch. I. 525
II trouva fort mauvais une remontrance que lui fit fur ce sujet le Car- Sxcrnnrdînai de Ste. Croix,& imposa silence au Cardinal de Joyeuse, qui voulut ^justifier le Roi (a). Henri qui craïgnoic que le Pape ne se portât à quel- d 4 a /ieque extrémité contre lui envoya à Rome Claude d’Angennes , Evêque du depuis PanMans pour solliciter son absolution. Le Duc de Mayenne & la Ligue en- 15H M-Voyerent de leur côté des Députés à Rome , pour obtenir la confirmation i u ’ à l ' andu Décret de la Sorbonne contre le Roi. La négociation traina en Ion- *° 23 ‘gueur, cependant toutes les soumissions & toute la fermeté des Ambassa-deurs de France ne purent déterminer le Pape à donner l’absolution de-mandée, à moins que le Roi ne relâchât le Cardinal de Bourbon & l’Ar-chevêque de Lyon qu’il avoit fait arrêter. Ce Prince le refuse; desorteque Sixte V. publia le 5 de Mai dans le Consistoire, & fit afficher le 24un Monitoire par lequel il ordonnoit au Roi de mettre les deux Prélats enliberté dans dix jours, & d’en informer le Saint Siégé dans î’espace detrente jours; faute dequoi il le déclaroit excommunié avec tous ses fau-teurs adhérans. II les citoit à comparoitre devant son tribunal danssoixante jours, le Roi en personne ou par Procureur, & les autres person-nellement (b). Avant la publication de ce Monitoire le Cardinal de Joyeusepassa à Venise ; le Marquis de Pisani & l’Evêque du Mans s’embarquerencà Livourne pour Marseille.
Le Sénat de Venise, le Grand Duc de Toscane & le Duc de Mantoue, Les Puis *furent les premiers à informer Henri III. de la publication du Monitoire, fonces d 7 -& lui donnerent des conseils fur la conduite qu’il devoit tenir, entre au ta }% s ' inté ~tres, ils lux conseillèrent de se saisir de la ville d’Avignon & du Comtat powVenaissin. Comme ils connoissoient l’humeur violente de Sixte V. ilsétoient persuadés qu’il ne falloit pas espérer de le gagner par la voie de lasoumission & du respect, & qu’il n’y avoit que la force & Je s outrages,qui pussent l’obliger à se contenir dans le devoir. Ces semences de di-vision auroiem pu allumer une guerre ouverte en Italie, lorsque la mortou Roi arrêta les suites qu’elles auroient eu infailliblement. On fait queHenri III. sut tué par Jaques Clément, Moine Dominiquain , le pre-mier d’Août 1589. J F
. Aussitôt que la nouvelle de la mort du Roi fut arrivée à Rome, le Pape Sixt* f a ktint un Consistoire, & y fit un discours préparé, dans lequel il donna de Péiogfd* tgrands éloges à Clément, qu’il mit fort au dessus de Judith & d’Eléazar, meurtrierik conclut en disant qu’il jugeoic le Roi indigne des devoirs qu’on a cou' du Roi ’tume de rendre aux Souverains dans ces occasions, parceque l’fícriture dé-fend de prier pour celui qui meurt dans un péché qui va à la mort, telqu’étoit le péché du Roi (c).
Sixte nomma le Cardinal Cajetan pour son Légat en France, chargé par n envoyéses instructions de travailler à faire élire un Roi Catholique (d). François unLég**de Luxembourg Duc de Piney, que les Princes & les Seigneurs Ca.holi - en rMCU^ues qui avoient reconnu Henri IV. avoient choisi pour aller en leur nom8 Rome, écrivit au Pape, pour le prier au nom de tous de ne point fairePartir son Légat pour la France, avant qu’il fût arrivé lui-même à Rome.
[f Lett. du Cardinal de Joyeuse uMíup. (e) De Thtu L. XCVI.
\*) De Thon L. XCV. (d) Le même, L. XCVIÍ»
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