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Sbction du Pape,X.
Histoired'Italie de-puis t’ani 5 6 + jusqu’à l’an
1623.
HISTOIRE' G E fí Ê R A L E
_ t , & consentit à la paix. Mais le Gouverneur de Milan rekulsî-
d’accepter les conditions proposées, fous prétexte que les dernieres ins-tructions qu’il avoit reçues de Madrid lui ôtoient le pouvoir de traiterde la paix. Sur ces entrefaites le Commissaire de l’Empereur intima s-Charles-Emanuel le ban de l’Empire, mais il ne s’en inquiéta gueres. LeGouverneur de Milan marcha vers Ail, & le Duc entreprit de couvrirla place avec son armée. L’Ëspagnol lui livra bataille & le força d’a*bandonner son camp. L’état de ses affaires le contraignit enfin de con-sentir à la paix sous la garantie de la République de Venise.. Le Traitefut conclu devant Ast le 21 de Juin 1615. Le Duc promit de licencier au plurrard dans un mois toutes les troupes étrangères, à la réserve de quatre com-pagnies Suisses, & de ne garder de ses propres troupes que le nombre né-cessaire pour les garnisons de ses places. II s’engagea à ne point attaquerles Etats de Mantoue, & à remettre à l’Empereur Le jugement de ses pré-tentions. Le Marquis de Rambouillet promit, au nom du Roi son Maître,une amnistie générale pour tous ceux qui avoient servi Charles-Emanuel Q&favorisé son parti; en stipulant la restitution des prisonniers & des con-quêtes mutuelles, il déclara que la France prenoit le Duc de Savoye fousia protection, s’obligeant à lui prêter toutes ses forces , s’il étoit inquié-té par l’Efpagne, & factorisant à appeller Lesdiguieres à son secours, le-quel scroit obligé de lui obéir, fans attendre d’autre commission de la Cour»-Le Gouverneur de Milan signa ce Traité. On régla le tems & la maniersdont les deux armées dévoient se séparer. On convint de la réduction destroupes de Milan, au point de ne donner d’ombrage ni au Duc de Sa-voye, ni à aucune autre Puissance (a).
Bismte sur L’année suivante , le Pape fut fort occupé d’une dispute entre les Do-
miniquains & les Franciscains fur la Conception immaculée de la ViergeDès le commencement du siecle précédent cette dispute avoit fait beaucoupde bruit. Elle se renouvella avec plus de violence que jamais dans le tefl 1 *'dont nous parlons. Les Dominiquains soutenoient Taffirmative, & l eîFranciscains la négative avec tant d’animosité A de foreur, qu’il peu su 5avoir une guerre religieuse en Espagne. Paul V. donna un Bref le 5Juillet, qui renouvelloít la Bulle de Sixte IV. les Constitutions du Concn®de Trente & celles de Pie V. fans décider la question, <k défendoit se u j_ e 'ment d’enfeigner en public, que la Sainte Vierge eût été conçue en péâ®originel. En-vain le Roi Catholique lui envoya Ambassades fur Ambafl 3 'des, & le pressa instamment de décider; il n’en voulut rien faire, & de-meura en suspens jtisqu’à sa mort {b). .
Houveaux Le Traité d’Ast ne procura pas un longue paix à l’Italie. La Cour atroubles en Madrid, qui en étoit mécontenté, donna le Gouvernement du Milans ^Bade pan- ]> m p e dre de Tolede, un de ceux qui avoient le plus hautement dssup^ s ' prouvé le Traité. Auíïi bien loin de réduire ses troupes, il affecta .tlever de nouvelles. Le Duc de Savoye s’en plaignit, & Don Pedre lui rpondit avec hauteur. Le Duc insista fur l’exécution du Traité; on sgríc & on en vint aux reproches. Les Espagnols chercíioient à
la Concep-tion iïnim-culée de la
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(a) Nani L. I. Mèrcura Fr. T. Nl. p. Venise T. XI. 43-68. \j\l-
5 s-sS-3s5 & p. 700.719. LaugUr Hiíl. de (&) Heidegger, liiíl.. Papat. M-v-