D’I T A L I E. Liv. XXIV. Cir. I. M
secours d’honames & d’argent. Ils envoyerent d’abord à Parme soixante* Sectiondix mille écus, pour animer les troupes, & en même tems s’emploierent Xi.auprès du Pape pour obtenir une fùlpension d’armes. Mais n’ayant point ^reçu de réponse satisfaisante, ils formerent en commun un corps déplus depuis 1 r ande cinq mille hommes, qu’ils joignirent aux troupes du Duc de Modene, 1C23 /aspour s’oppofer au passage des troupes d’Urbain. Cette armée du Pape étoìc s«'à notrecomposée de milices levées à la hâte , elle _s’effraya,_ quand elle vit qu’il étoic tms -question de combattre, desorte que les soldats désertèrent par grosses ban-des. Le Pape voyant que les Princes voisins s’en mêloient accorda de lui-mêtne une suspension d’armes pour quinze jours (a).
Dans cet intervalle, les Vénitiens,le Grand Duc & le Duc de Modene L ]R ut 0 cm -conclurent une ligue entre eux. Ils se garantirent mutuellement leurs Etats, îre leFa ï*’& s’obligèrent à entretenir à fraix communs pour leur défense une arméede douze mille hommes de pied & de dixhuit-cens chevaux., Par un articlesecret, ils s’engagerent à secourir le Duc de Parme, & à l’admettre dansla ligue, aux conditions dont on conviendroit.
Cette ligue étonna les Barberins ,& inspira du courage au Duc de Parme. Le Duc'deMalgré les représentations des Vénitiens & du Grand Duc, il entra dans Parme en «3 ’Etat Ecclésiastique à la tête de trois mille chevaux fans infanterie & fans *Jí dan lcanon. II s’approcha de Bologne, Farinée du Pape se dissipa, & le Préfet cUsiaíìiqúe.se sauva à Ferrare. Le Gouverneur d’imola envoya les clés au Duc; Forlìse rendit à discrétion, Faënza ne sir aussi aucune résistance. II entra par laToscane dans le Perousin, mit le Pays à contribution & y établit ses quar-tiers. Les Barberins déconcertés par des progrès si rapides, eurent recoursaux artifices de la négociation. Les Alliés & le Duc de Parme lui-mêmedonnèrent dans le piege ; la Cour de Rome traina les affaires en lon-gueur, & trouva moyen d’assembler une armée de quinze mille hommesentre Orviete & Viterbe, qui incommoda beaucoup celle du Duc, &lui ôta toute espérance de pénétrer dans l’Etat de Castro. On continuade négocier & l’hiver approchoit. Enfin, on convint que le Pape leve-roit l’excommunication, que le Duché de Castro seroit mis entre les mainsdu Duc de Modene , pour le rendre au bout de six mois au premierpossesseur, que les nouvelles fortifications de Castro seroient démolies,
& qu’on meuroit en dépôt les revenus, pour payer les Montistes. Aces conditions le Duc de Parme devoit sortir de l’Etat Ecclésiastique Ase retirer en Lombardie. Le Cardinal Spada, Plénipotentiaire du Pape,différa sous divers prétextes de signer la convention. L’armée du Ducde Parme étoit diminuée , & manquoit de vivres. Ce Prince voyantqu’on le jouoit, se livra à la colere , ordonna la retraite de ses troupes,à partit en poste pour la Lombardie. Les Barberins ne rompirent paspourtant la négociation ; ils chercherent à amuser les Alliés par ue nou-veaux projets d’accommodement, & travaillèrent à les désunir. Ceux-cireconnurent leurs artifices & rompirent les négociations (L).
On ne laiflà pas néanmoins de négocier pendant l’hiver,mais les propo- Suite de usuions que fesoient les Barberins furent rejettées par les Alliés. Pendant *ce tems-là, Edouard qui étoit hardi & ardent tenta une nouvelle entre- ï64 ^
(a) Lc même. (-) Le même,Dddd 2