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Ce fut pendant la faveur de la Princesse de Rossane, que le Cardinal de Section -Retz obtint le Chapeau. Elle étoit de la maison des Aldobrandins, avec „ XI *laquelle celle de Gondi avoit eu beaucoup d’alliances en Italie (a), de fortequ’elle seconda d’abord Paczirollo. C Archevêque ayant envoyé en ióji depuis l'mP Abbé Châtier à Rome pour solliciter sa promotion, trouva Panzirolio 1623 jus-mort, mais la Princesse le favorisa & lui donna des avis fi utiles, que M. ?«’« notrede Retz fut fait Cardinal en 1652, quoique la Cour de France le traversât temSfsous main (b). L'Ardu.
Les bornes que nous devons nous prescrire, ne nous permettent pas d’en- vêpue detrer dans le détail de ce qui concerne le Jansénisme. II suffira de dire que fu saitla dispute sur les matières de la grâce étoit plus animée que jamais. L’af CardtmLfaire fut portée à Rome, & par les intrigues des Jésuites le Pape publia le }iulle díl
5 r de Mai 1653 une Bulle par laquelle il condamna les cinq propositions de P a P^ c0 "- tr ^Jansenius (r). Ce qu’il y a de singulier, c’est qu’ínnocent n’entendoit rien p 0 r lt ionu
à la matière. M. de Saint-Amour ayant voulu lui faire lire un petit Ecrit / 1ìUe refusa, pareequ’i! en faudroit voir d’autres,& lui dit que d’aííleurs cep’étoit pas là fa profession, qu’il étoit vieux & n’avoit point étudié enfhéologie (d). Malgré la publication de fa bulle, lorsque les^DéputésFrançois qui étoient pour la doctrine Janséniste prirent congé de lui,il leurdit, qu’il n’avoit point condamné la doctrine de St. Augustin, ni de St»
Thomas , & le point de la Grâce efficace par elle-même, laissant ce point
6 cette controverse en l’état qu’avoient fait Clément VIII. & Paul V. (e).
Ne pourroit-on pas demander, si le Pape est infaillible, à quoi sert son
infaillibilité ?
La même année que le Coadjuteur de Paris eut reçu I’honneur de la pour- innocent-pre , la Cour le soupçonnant d’être d’intelligence avec le Duc d’Orléans, menacechercha à l’éloigner. M. de Servien lui fit de la part du Roi des offres s u î e£ deîrès-avantageuses pour aller passer trois ans à Rome, chargé des affair ^cardinaljk France (/). Le Cardinal ne jugea pas à-propos de les accepter, ôi Retz.j? 19 de Décembre 1652, il fut arrêté au Louvre & conduit à Vincennes. 1053,!e lendemain l’Abbé Charier partit pour Rome, où il trouva le Pa-P e irrité jufqu’à la fureur, & fur le point de lancer la foudre fur les au-teurs de la prison cu Cardinal. II s’en expliqua avec un très-grand res-sentiment à l’Ambassadeur de France & il envoya un Nonce extraordi-naire pour obtenir la liberté de M. de Retz. Mais le Roi défendit auNonce de passer Lyon. Le Pape craignit de compromettre son autorité,mais il dit à l’Abbé Charier, âonnez-mai une armée , & je vous donneraiLégat (g). Cependant le Cardinal Mazarin , qui étoit de retour à^ris, sor les avis qu’il avoit de Rome, & fur l’émotion des esprits qui.Cr oissoit, touchant la prison de M. de Retz, feignit de lui vouloir pro-curer la liberté, & íe servit de Bagni, Nonce en France , pour lui pro-poser avec sa liberté de grands avantages, en cas qu’íl voulut donner fa dé»mûffion de la Coadjutorerie de Paris. Le Cardinal, qui avoit été averti, fie
(«) Le même T. II. L. III. p. m. 126.(b) Le même T. III. L. IV. p. m. 84 86-(<0 Hiíl. Gen, du Jansénisme T. II. p.3î8 & suiv.
GO Le même, T. I. p. 447»
(T) La-même, T II. p 147;
(/; Mein. de Retz T. III. L. IV. ?- iîK272.
(§) Le même, p. 252.