Sectioi»
XI.
Jlifloirsd'Italie
598 HISTOIRE GENERALE
même réflexion (a). De Lionne, Ministre de France, s’en plaignit haute—ment. Ce qui fie impression fur Alexandre. Ce Pontife n’ignoroit pas queM. ’de Retz avoit beaucoup contribué à lui procurer la thiare, jusques-ladepuis l’on que lorsque le Cardinal s’approcha de lui pour lui baiser les pieds, à la cé-I62Z jus- rémonie de l’adoration, il lui dit en l’embrassant, Signor Cardinal de Retz,qu’à notre jp cce 0 j jlts ma mim tuarum (b) ; mais soit crainte, Toit ingratitude, il seums ‘ refroidit tellement qu’il ne fit rien pour lui. II dit même un jour à l’Ab*
bé Châtier, qu’il ne comprenoit pas le plaisir que cet Abbé prenoit afaire courir dans Rome le bruit, que le Cardinal de Retz gouvernoit se'Pontificat (c).
Levée des Le mariage du Duc de Modene avec la niece de Mazarin, avoit re-jiegts de mis ce Prince dans le parti de la France. Le Roi lui envoya des trou-de^fuvief P es ’ commandées par le Prince Thomas de Savoye, qui firent lever le° * siégé de Reggio, que le Gouverneur du Milanés assiegeoit. Les Espa-
gnols assiégèrent ensuite Bersello, & le Duc avec le Prince Thomas fi-rent diversion en assiégeant Pavie. Les Espagnols leverent le siégé de-Bersello, mais ce fut pour sc poster dans un endroit, d’où ils coupoientles vivres au camp des François devant Pavie. Desorte que le Duc deModene fut contraint de lever le siégé le 13 de Septembre, après avoir étécinquante jours devant la place (d).
Le Pape Je Le Pape voulut se faire honneur de la conversion de Christine Reine de Sue*'fait hon- de. Cette Princesse avoit abdiqué la couronne, & étoit déterminée à embrasses^ de r la la Religion Romaine. Elle exécuta ce dessein à Bruxelles, en particulier-, 1 “‘de h Reine 2 4 - Décembre 1654 (e). Dès auparavant elle en avoit écrit au Pape In*
dejuede. nocent X. & à Chigí alors Seeretaire d’Etat (/). Ainsi elle étoit déja Ca-tholique quand elle pensa avenir à Rome, cependant aussitôt qu’Alexandrel’éut appris, il en fit part au Sacré College en plein Consistoire, par undiscours étudié, II n’oublia rien pour faire entendre qu’il avoit été Tuni-que instrument dont Dieu s’étoit servi pour cette conversion (g). Toutle monde étoit informé du contraire ; desorte que cette vanité déplacée fitun fort mauvais effet. „ Je reconnus de plus en peu de jours, dit M. ds„ Retz, que fa foiblesse pour les grandes choses augmentoit à mesure ds„ son attachement aux petites”.
II.comMe La seconde année de son Pontificat , Alexandre VII. changea entiere-Jf f anrs ment de conduite & de mœurs. 11 ne tenoit plus rien de fa prétendue piét 0íhomew fl ue f° n férieux, quand il étoit à l’Eglise , & il paroissoit beaucoup d’or-isijts. ‘ gueil dans fa gravité. II ne continua pas seulement l’abus du Népotisme»en fêlant venir ses parens à Rome ; il le consacra en le Pesant approuverpar les Cardinaux, auxquels il leur en demanda leur avis en particulier ,pour ne point être obligé de suivre celui qui pourroit être contraire à s 3volonté (b). On dit, qu’il avoit juré de ne jamais recevoir ses parens 3Rome, & que le P. Pallavicin Jésuite lai fournit un expédient pour nepas violer son serment, en lui conseillant d’aller recevoir sa parenté 3
(a) Mem. de Retz 1 . c. p. 3 S 9 -
(b) Le même, p. 38p.sc) Le même, p. 406.
(d) Daniel Journ. de Louis XIV. p. ìu.97. sous l’an 1655.
(e) Mem. concernant Christine. T. I- í r ‘461.
C f) Les mêmes, p. 473.
(g.) Mem. de Retz.«H sup. p. tsXÎ’ ■
U 1 ) Le même, p- 415.