D’ÎTALI E. Liv. XXIV. C n. I. 6s r
îá négligence qu’ils eurent chacun de leur côté à le pousser. Cela porta Sectîoîsples Espagnols de venir attaquer leurs lignes avec douze mille hommes, & rr-** 1d’en déloger toute farinée , que les Chefs divisés ne purent rallier (a).
L'année suivante le Duc de Modene commanda seul en Italie. 11 avoit depuis l’anpris des quartiers d’hiver dans les Etats du Duc de Mantoue , qui s’étoit 1623déclaré pour les Espagnols. II demanda alors la neutralité qu’on lui accor- 9 u ’à notreda. Le Duc de Modene entreprit d’entrer dans le Milanés , pour établir tems ‘des contributions & des quartiers dans le cœur de cette Province. Le Mar-quis de Navailíes, qui comroandoit fous ses ordres, passa l’Adda en pré-sence de l’armée Espagnole, & l’ayant suivie dans fa retraite, lui tua qua-tre-cens hommes, & fit un plus grand nombre de prisonniers. Le Duc deSavoye s’étant joint au Duc de Modene, ils allerent assiéger Mortare, quife rendit le 25 d’Août disent les uns,& le 27 de Septembre, suivant d’au-tres (b). Le Duc de Modene mourut le 14 d’Octobre.
Dès le commencement de son Pontificat, Alexandre VII. avoit fait Pais daquelques démarches pour engager la France & l’Espagne à, faire la paix. Pyrénées.Comme il avoit envie d’en avoir l’honneur, il avoit souhaité que les Con- l6 ^ 9,férences fe tinssent à Rome en fa présence. Mais il fit paroitre tant dedéfiances & de froideur, que ce fut une excuse suffisante à la Francs pourl’exclure du Traité. Le Pape fut bien surpris & même affligé d apprendreque le Cardinal Mazarin & Don Louis de Haro l’avoient conclu dans l’isledes Faisans le 7 de Novembre. II s’en prit moins â l’Espagne qu’à laFrance, pour laquelle & pour son premier Ministre il avoit beaucoup d’a-version, parcequ’il croyoitque cette Couronne & le Cardinal en particu-lier , prenoient à tâche en toutes occasions de fouler aux pieds son autoritéA sa personne (r).
Le rétablissement de la paix fit espérer aux Vénitiens qu’ils obtiendroient Le Pàptnìdes secours contre les Turcs. La France promit d’envoyer à Candie fur ses M* p s ’im-propres vaisseaux quatre mille deux-cens hommes. Le Duc de Savoye ^leur accorda deux Régimens, & le Sénat étoit favorablement écouté dans nitiens. C ‘toutes les autres Cours.- Le Pape seul fut insensible. Le Cardinal Mazarin jc$©.
1 exhorta à secourir la République contre les Infidèles, à se faire Chef d’u-ne expédition contre les Turcs, à inviter les Princes Chrétiens par son au-torité , & à les y animer par son exemple. Tout fut inutile ; desorte quepar son indifférence, il dégoûta tous ceux qui auroient eu envie d’entrerdans la Ligue, dont il refusa d’être le Chef,tant la haine qu’il portoit auCardinal sempêchoit d’écouter tout ce qui venoit de sa part (d), bail-leurs, la facilité avec laquelle il avoit obtenu le rétablissement des Jésuites àVenise,luipersuadoit qu’ilpouvoit tout prétendre auprès du Sénat. II de-manda qu’on accordât au Clergé de l’Etat Vénitien, la permission d’acqué-tir toutes sortes de biens meubles & immeubles. Mais l’Ambassadeur dela République, à qui il s’étoit adressé, reçut défense d’écouter de pareillespropositions , & de rien écrire qui y fût rélatif. Alexandre VII. isola
Ca) La même, T. XII. p. 453,454. de Louis XIV. T. III. p. 152.
(b) La même, p. 463. Hemult , Daniel (d) Hist. de Venise T. XII- P* r » 2 “
J°urn. de Louis XIV. Angeìo Corrario Relaz. délia Corte Rojna*
CO Voy. les mêmes, De Larre-j Hist. na, p. r Z.