602 HISTOIRE GENERALE
pousser cette affaire plus loin, mais n’en voulut pas aussi plus de bien auxVénitiens (s).
La haine du Pape pour le Cardinal Mazarin, quis’entremit en faveur du. Duc de Parme au sujet de la restitution de Castro , retomba sur le Duc.
i6í 3 jus- Alexandre VIL assembla son Consistoire subitement, & en aiant pris sa-qu’à notre vis, il réunit Castro à la Chambre Apostolique & ïinc arrimer a , c’est-à-direle déclara sujet aux bulles, qui défendent d’aliéner les Etats réunis à l’E*glise (b).
La Cour de France, mécontente du Pape & de ses neveux, avoit en-voyés à Rome en qualité d’Ambassadeur le Duc de Créqui, un des SeigneursComme il étoit instruit des intentions sécrétés du Roi, il
qui lui étoit natu-
•SestionXI.Histoired 1 Italie
tems.
Incaméra-■iion de
Castro.
Insulte faite ^ s P ]aS ^ 5 .
m Duc de fesoit les fonctions de son Ambassade avec la hauteur
Créqui àRome.1662.
Suites de
relie sans ménager ni le Pape, ni ses parens. Ce procédé causa une grandefroideur entre le Pape & l’Ambassadeur. Cette mésintelligence donnalieu à une rupture ouverte à l’occasion d’une avanture qui arriva. Si l'on endoit croire Joli & M. de Voltaire, le commencement de la querelle vintde la part des François. Le premier rapporte (c) , que le Duc de Créquiavoit mené avec lui à Rome un bréteur des plus déterminés. Cet hommequi ne pouvoit vivre fans tirer l’épée, étoit d’une humeur si quérelleusequ’un jour il attaqua seul & sans sujet plusieurs Corses , qui passoient au*près de lui, & cette querelle alla si loin, que les Corses résolurent de s’endéfaire en trahison. Le bréteur, qui en eut avis trouva moyen de se fau*ver; mais les Corses irrités & peut-être excités fous main en vinrent à degrandes insolences à "l’égard de l’Ambassadeur. M. de Voltaire racontel’affaire un peu autrement ( d ), mais cependant d’une maniéré qui rend le*François les aggresseurs, tandis que presque tous les Auteurs prétendentattribuer le commencement de la querelle aux Corses. Le Duc de Créqui >dit-il, avoit révolté les Romains par fa hauteur , ses domestiques, gensqui pouffent toujours à l’extrémité les défauts de leur Maître, commettoientdans Rome les mêmes désordres, que la jeunesse indisciplinable de Paris,gui se fesoit alors un honneur d’attaquer toutes les nuits le Guet, q ulvÁlle à la garde de la ville. Quelques Laquais du Duc de Créqui s’avife'rent de charger l’épée à la main une Escouade des Corses, & les mirent ej 1fuite. Tous les Corses s’assemblerent, & vinrent en armes assiéger la m ai'son de l’Ambassadeur ; ils tirèrent fur Je carosse de l'Ambassadrice, q ulrentroit alors dans son palais, lui tuerent un Page & blessèrent plusie ufSdomestiques. C’étoit le 20 d’Août 1662. On soupçonna avec beaucoupd’apparence que cette insulte ne fut point faite sans l'ordre secret de D°. nMario Chigi, frere du Pape & Général de ses troupes, ni fans la partiel'pation du Cardinal Impérial! Gouverneur de Rome ; car ils ne se mirent g l,e 'res en peine d.e châtier cet attentat. Ils ne se saisirent que de quelques'uns des moins coupables, & facilitèrent l’évasion des autres. Le Duc deCréqui publia qu’il ne trouvoit plus de fureté à Rome , & se retira à San-Quirico sur les frontières de Toscane.
L’Ambassadeur de Venise à Rome travailla inutilement à assoupir cett
violente
(a) Hist. de Venise !. c. p. iÇ.
(b) La mëtsle, p. 2.
(c) Metn. de Joii T. TI. p. 22!,
(d) Siecle de Louis XIV. Ch. VI.
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