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violente querelle ; & le Pape écrivit sans succès plusieurs brefs d’excuse. SectionL ouis XIV. prit la chose avec toute la hauteur possible. II ordonna auNonce du Pape de se retirer à Meaux, & ayant appris qu’il avoit pris la pliait?dé-routé de Saint Denis , il lui donna des Gardes. Aussitôt qu’on sut que puisl'anle Duc de Créqui étoit sorti de l’Etat Ecclésiastique, on sir partir le Nonce r6rz jus-te on le conduisit jusqu’a l’entrée de la Savoye. Le Duc de Créqui s’étoit notrS
arrêté quelque teins à San Quirito, où le Pape lui envoya faire des excu - tems ' __
ses, accompagnées de projets Raccommodement. Cependant la France cette affai-avoit demandé passage aux Espagnols par le Milanés pour farinée que le «.Maréchal du PJessis- Praflin devoit mener dans l’Etat Ecclésiastique.
Alexandre VII. s’imagina que ce n’étoient-là que de vaines menaces, f 1rét ^ knsdesorte qu’il se contenta Récrire de nouveaux brefs, fans donner de fatis- Fm-cl *faction. Le Duc de Créqui se détermina à retourner en France. Maisavant que de quitter l’Italie, il notifia avec hauteur les prétentions du Roison Maître. II demandoit. " Que Don Mario Chigi, frere du Pape, fût„ exilé à Sienne ; que le Cardinal Impérial! fût privé du Chapeau ; q Ue ] a„ Nation Corse fût bannie de Rome à perpétuité ; qu’on érigeât dans Ja„ Place Farnefe une Pyramide avec une inscription , pour être un monu-„ ment infamant de l’attentat. II vouloir encore qu’on restituât Castro au„ Duc de Parme, & Commachio au Duc de Modene”. La Cour de Ma-drid & le Sénat de Venise unirent leurs bons offices pour accommoder cettefâcheuse affaire. Le Pape opposa d’abord une résistance très-siere, résoludisoit - il d’exposer sa vie & l’Etat Ecclésiastique, plutôt que de céder auton impérieux d’un Monarque, qui prétendoit donner la loi au Pere desChrétiens, tandis qu’il n’osoit tirer vengeance de la maniéré indigne dontson Ambassadeur avoit été traité à Constantinople, ce qui rendoìt le Papesi fier, c’étoient les promesses sécrétés de l’Empereur.
Cependant ces promesses aboutirent à permettre au Pape de lever des Le p apetroupes dans l’Empire. Alexandre se détermina à en lever pour les joindre à ^ s oute 'celles de l’Etat Ecclésiastique. Sur ces entrefaites, le Parlement d’Aix re% a suer ~donna un arrêt par lequel la ville d’Avignon avec ses dépendances fut réu- 1663.nie à la Couronne. Cet incident, joint à la marche des troupes Françoi-ses, & à l’intérêt de fa famille, changea les dispositions du Pape. II ac-cepta la médiation de la Cour REfpagne te du Sénat de Venise.
L’accommodement fut d’abord négocié à Lyon; mais le Pape ayant Iis'accom-donné au Sieur Rasponi le titre de Nonce Apostolique, on refusa de trai- a ^cter avec lui en cette qualité. Les Conférences furent alors transportées aau pont Beauvoisin fur la frontière de Savoye. Louis Gritnani Ambassa- ’’deur de Venise te le Ministre REfpagne firent la fonction de Médiateurs.
Rasponi accorda le Comté de Commachio au Duc de Modene, mais fitdifficulté au sujet da Duché de Castro, à cause de son incamération. Sur-siuoi la France prit le parti de dissoudre le Congrès (a). Enfin le Roi ayantjtommé la ville de Pise pour reprendre la négociation, la paix fut conclueJ e 22 de Fevrier 1664 par le Sieur Rasponi, Plénipotentiaire du Pape «St* e Sieur de Bourlemont, Plénipotentiaire du Roi de France.
On convint, par le Traité, que le Pape révoqueroit l’incameration des Conditions
du Traité .
00 Hiíl. de Venise, ubisup. p. i§, 25 .
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Tome XVIII-