D’I TALIE. Liv. XXIV. Ch. I. 605
la Conception immaculée (a). Ce qui mécontenta encore plus le Roi SecttohC atholique, c’est que la Cour de Rome favorisoit le Roi de Portugal, xr.en ce qui regardoit les affaires de ce royaume. L’Ambasiàdeur d’Efpa-gne eut ordre de prier le College des Cardinaux de considérer, s’il im - depuis'l’anportoit plus au Siégé de Rome de faire quelque chose pour quatre Eve- 16x3 jus-chés de Portugal, que de hazarder cent-trente Evêchés & soixante Ab- ?«’<*bayes en Espagne (S). tems -
Cette même année le Pape eut des démêlés avec la Sorbonne & le Par- Qn s , op ., gîement de Paris dans le détail desquels notre plan ne nous permet pas d’en- aux entrítrer. Nous nous contenterons de dire, que la Sorbonne avoit censuré prife dudiverses Propositions de Doctrine Sc de Morale, contenues dans deux Li- p F a ^ e ’ mvres publiés fous les noms supposés de Jaques de Vernant & d’Amadeus'*™”^Guimenius. Le Pape écrivit un Bref au Roi pour s’en plaindre. Le Par-lement soutint la Sorbonne, & Alexandre donna au mois de Juin une bul-le terrible, où il déclare les censures de la Sorbonne présomptueuses,témé-raires, scandaleuses, les casse & les annulle, défendant à tous Ecclésiasti-ques de les recevoir ou approuver sous peine d’excommunication latœ sen-Untiœ. Mais on n’eut que du mépris pour cette Bulle. Le Parlement ren-dit le 24 de Juillet un arrêt foudroyant contre la constitution d’AlexandreVII. & envoya deux Conseillers dans TAssembléede la Faculté de Théologiepour y faire lire cet arrêt, Sc pour exhorter la Faculté de continuer léscensures, lorsque les occasions se présenteroient, avec le même zelequ’elleavoit fait précédemment. On ne dit point de quelle maniéré le Pape re-çut ce terrible coup, il est à présumer qu’il y fut fort sensible, mais qu’iln’osa faire éclater son ressentiment. II ne laissa pas de condamner quelquespropositions de la Morale des Jésuites, pour ne pas paroitre les autoriserpar son silence, & par la condamnation des Censures de la Sorbonne (c).
11 eut en ce tems-là aussi un démêlé avec les Vénitiens. II vouìoit Démêlé desexempter ses sujets de payer à la douane de Venise ce qu’elle exige de tousles bâtimens qui navigent fur le Golphe Adriatique. II leur défendit de se p v s ec esoumettre à ce tribut ancien. Et comme les Vénitiens le fesoient payer 'par force, il ordonna dans tous ses ports la saisie de leurs navires. Le Sé-nat usa de représailles, en fesant arrêter partout les bâtimens frettés par lessujets du Pape. Cette vengeance du Sénat occasionna de grandes pertesaux Négocians & aux Douaniers de l’Etat Ecclésiastique. Leurs murmureseurent plus d’effet que les vives représentations des Vénitiens. Le Paperévoqua ses premiers ordres, Sc la République continua de jouir tranquil-lement de ses droits (d).
. Alexandre VII. ne laissa pas de faire quelque chose en faveur des Véni- Secourstiens, pour les secourir dans la guerre qu’ils avoient contre les Turcs. II V l ’ il leurleur accorda dans ses Etats une levée de cinq - cens hommes, & un subside ac % 6 7 .extraordinaire sur le Clergé Vénitien. II joignit aussi ses galères à cellesde Malthe , mais elles ne firent pas de grands exploits, Sc rentrerentdans leurs ports (e).
O) Contin. de Mezeray T. XIII. p 4Z6.(6) Wicfuefort l’Ambaíl'adeur T. I. p. 113.(ej mit. des Papes T. V. p. 335-341.
(á) IM. de Venise T. XII. p. 34 . 35 >Oj Le même, p. 43-
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