606 HISTOIRE GENERALE
Section Le Pape avoir condamné quelques maximes de la Morale des Jésuites,Xl- mais il y a de l’apparence que ce n’étoic que pour la forme ; car il publia? Italie P eu à tems avant fa mort une bulle, par laquelle il autorisait ce qu’il y 3depuis 1 l'an de plus impie dans leur doctrine. Par cette Bulle il commande à tous les1623 ;«/' fideies de quelque qualité qu’ils soient, quand ils feroient Evêques & plusqu’à notre encore & quand même ils feroient Cardinaux, s’ils écrivent déformais furtems ‘ la matière de l’Attrition , en composent des Livres, prêchent ou enfei-Bulle jcan - g nent *V r ce ^ijet, de n'être pas si hardis de noter de censure l’un ou l’au-daieuje qu'U tre sentiment, soit celui qui nie la nécessité de quelque amour de Dieu danspublie. l’Attrition, conçue par la crainte de l’enfer, soit celui qui l’affirme, jus*
qu’à ce que le Saint Siégé en ait autrement défini. C’est-là déraciner lavraye piété du cœur, Òc donner pour problématique un sentiment expiiq ueen termes clairs dans toute l’Ecriture (a).
Reliques de .Vers la fin de son Pontificat Alexandre VII. envoya en France troisCarton. caisses de Reliques, accompagnées d’une Bulle, qui difoit, qu’o n pouvoiren toute fureté les exposer à la vénération du peuple. On ne laissa pas deles visiter, & un Médecin découvrit qu’une tête, qui avoit pour inscrip-tion , Caput SanEti Fortunati , étoit de carton. Ayant été jettée dans seauchaude, la peinture s’effaça & le carton fe détrempa. Le Médecin en fit
son Procès Verbal, mais par une Lettre de cachet il lui fut défendu de le
montrer fous peine d’être envoyé- à la Bastille (b).
Mort âW- Alexandre VIL mourut le 22 de Mai i 66 j , dans la soixante-neuvièmelexandre année de son âge & la treizième de son Pontificat , odieux au peuple’, dontVU. si avoit trompé les espérances, < 3 c que fa famille avoit pillé cruellement. Pétoit de moyenne taille, assez bien fait, & avoit la physionomie agréable*D’ailleurs on l’accufe d’avoir été ingrat, timide & hypocrite , d’une amsbasse & lâche, tout occupé du soin d’enrichir fa famille j vain, orgueilleux,envieux, menteur, & s’étant fait un jeu de la religion. D’ailleurs il étoitpassablement lettré , il aímoit les Sciences & à s’entretenir avec des gensdoctes. II aimoit la pompe des Bâtimens, & il ne tint pas à lui que I 3ville de Rome ne devint également magnifique & régulière quant aux rue®& aux places. Le mal étoit, que ces dépenses épuifoient la Chambre Apo-stolique , & qu’en ordonnant la démolition de plusieurs maisons qui cho-quoient la symétrie, il ruinoit les Propriétaires (c). On prétend , q u 11avoit improuvé les cruautés exercées furlesVaudois des Vallées de Piémont ,mais c’étoit une nouvelle de Gazette (d). Si l’on en croit Sorbiere, il étoitfort débonnaire, & il en allégué pour preuve, qu’un jour quelques Gentils-hommes Anglois s’étant mêlés parmi ceux qui alloient à genoux lui faire I 3révérence, Ói ayant appris deux qu’ils étoient Protestans, il leur dit d'uUvisage riant, Levez-vuus ; je ne veux point que vous commettiez , selon votifopinion , une idolâtrie (e). On prétend qu’Alexandre Vil. étoit parent deMahomet IV. Voici comment. Des Corsaires Turcs ayant pillé un Châ-teau du Territoire de Sienne l’an iF2y-,y trouvèrent Marguerite Msrfi* 1 »qu’ils réservèrent pour le Grand Seigneur Soliman ; elle fut mere de Seh 31
Ça) HeydeggerHíst.duPapat p.II p.257. Rom. Apud B ay le Art. Chigi (Fabio)-
(b) Politique du Clergé de Fiance, p. 69. Çd) Courcelles , Iip. Prœtt. & Erud. v
Edit. de 1682. p. 876. in foi.
(c) Ang. Corrarh Relaz. de b Corte (e) Bayle 1. c. Rem. (I).