D’ ï T A L IE. L iv. XXIV. . Ch. I.
somme'un bonheur pour le siégé de Rome que ce Pape y fût élevé, car Section-la Chambre Apostolique étoit chargée de tant de dettes, contractées par XI -les grandes dépenses de ses prédécesseurs , qu’il étoit tems qu’on eut un H }^ oirtPontife aussi œconome que lui (a). En effet, il déclara qu’iî vouloir rem- fkrni^r »boursier tous ceux à qui il étoit dû, à moins qu’ils ne lui payassent trente 'iln jus-'*pour cent. Et on prétend oie qu’il prenoit de l’argent des Génois à deuxpour cent pour faire ce remboursement, & par là ceux qui avoient mis à 4 temu
banque étoient exposés à perdre presque la moitié de leur Capital (ó). Ce- -“ r
pendant il ne déchargea le peuple d’aucunes taxes, ce qui joint à ce que îaCour n’étoit pas magnifique , qu’on ne travaiíloit à aucuns bâtimens pu-blics, & qu’il y avoir plusieurs chapeaux à donner, rendoit la dépense srmédiocre à Rome, qu’il étoit impossible au peuple de vivre & de payerles taxes j & l'on prétendoit qu’à causie de cela, la quatrième partie des ha-bitons avoir déserté sous ce Pontificat (c). D’ailleurs il étoit d’une hu-meur & d’un tour d’eíprit tout particulier. II scmbloit même qu'i! y e ûf>.quelque chose de singulier dans fa religion ; comme s’il méprisait les fonc-tions publiques dont il étoit obligé de s’acquitter par son caractère , il allé-guois toujours quelque fluxion pour s’en excuser. 11 est vrai qu’il écrivit -au Roi de France pour le féliciter fur la révocation de l’Edit de Nantes, ésqu’il fit chanter le Te Deum pour la conversion des Hérétiques. Mais cela 'ne signifioit qu’un peu de politique & de bienséance. C’est ce que dit Mis-sion. II ajoute, que la Reine Christine qui n’aimoit point Innocent, <&qui en parloir fort librement, lui dit, „ Que quoique ce vieux fou de Pa-pe, eut l’esiprit ordinairement de traversil l’avoit eu assez droit en cette„ occasion (au sujet de la Dragonnade) & avoit diverses fois & assez hau-3 , tement désapprouvé la maniéré de gagner le cœur , en mettant le poi-„ nard à la gorge ( d )”. Ce qui semble confirmer ce que Misson dit de laReligion de ce Pape, c’est qu’il donna en 1678 deux décrets, par l’un il or-donna la suppression d’un office de la Conception immaculée, & par l’autracelle d’un grand nombre d’Indulgences. IL défendit aussi en 1680 d’hono-rer le nom & les ossemens d’Antoine Cala, que l’on vénéroit dans le royau-me de Naples fur le pied d’un saint Hermite (s). Cela marque un espritassez dégagé des superstitions vulgaires. II ne pensa point du tout á éleversa famille, car il commanda à son neveu Livio Odescalchi de ne point re-cevoir de présens, L de renoncer à toute espérance de monter plus haut.
Le Sénat de Venise le fit Noble, & il fut fait Duc de Ceri, mais le Papene voulut jamais entendre à le faire Général del’Eglise ou Cardinal Patron . ' ldont il abolit le nom L la charge & créa le Cardinal Cibo SurintendantesSecretaire de l’Etat Ecclésiastique. II fit même une Bulle pour abolir leNépotisme ; mais les Cardinaux, surtout ceux qui afpiroient à la thiare s’vopposèrent, quelque instance qu’il pût faire pour les y faire consentir (/),.
D’ailleurs ses mœurs étoient pures, & il fut donner ordre que le vice nerégnât plus à Rome, comme il y avoit régné par Je passé. En quoi il fut11 bien obéi , qu’oa vivoit d’une maniéré extraordinairemect régulière, &
(a) Burmt L c. (d) Mijsm ubí sup, p. 2 g 3 28 .
(.b) Jkimet Voyag. d’Italje &c. T; II* p. CO Ba y {e 1 - c. Rem. (E>
32 3 * 324. (J) Heydtggcr, Hist. du Psp- P. H. M.-
vO Le même !. c. 297 et suiv.
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