m T A L I E. Liv. XXIV. Cif. I. 6ìf
Rai voyant que le Pape le prenoic sur un haut ton, nomma trois Árchevê- Sectionques & trois Evêques pour examiner les Brefs du Pape. Ces Commissaires Xl.remontrèrent au Roi l’irnportance qu’il y avoit de convoquer un ConcileNational de tous les Evêques du royaume , ou une assemblée du Clergé jlfu^ r ,pour y prendre des résolutions convenables à la conservation dès libertés 1623 jus*de l’Eglise Gallicane. Le Roi ordonna que cette assemblée seroit convoquée, qu'à notreRie se tint au commencement de 1682, & consentit d’abord à l’exten - tms -sion du droit de Régale à tout le royaume. Les Prélats écrivirent au Papepour justifier leur conduite. Innocent XI. leur répondit par un Bref, par discuté-lequel il cassoit & annulloit tout ce qu’ils avoient fait fur la Régale. Ce àe Francs .Bref donna lieu aux Prélats de France de combattre l’auiorlté du siégé de 168 -•Rome, en établissant les quatre fameuses propositions. I. Que le ConcileGénéral est au dessus du Pape, conformément à la doctrine établis dansles Lestions IV & V. du Concile de Constance, n’approuvant pas le senti-ment de ceux qui soutiennent que cette Maxime n’a lieu que dans des temsde Schisme. IL Que ni le Pape, ni l’Eglise Universelle n’ont aucun droitsur le temporel des Rois. Ils ne peuvent être déposés & les sujets ne peu-vent jamais être dispensés du serment de fidélité envers leurs légitimesSouverains. III. Que la Puissance du Pape doit être limitée par les Canons,
& qu’il ne peut rien faire, ni statuer, qui soit contraire aux maximes éta-blies par les Conciles, ni aux libertés de l’Eglise Gallicane IV. Que les dé-cisions du Pape en matière de foi ne font pas autentiques fans le consente-ment universel de l’Eglise; ce qui marque que le Pape n’est point infailli-ble, à moins qu’il ne soit à la tête du Concile, à c’eít l’arrêté de ce Con-cile œcuménique, qui décide & rend le Pape infaillible, quand il pronon-ce conformément à la décision dé ce Concile légitimement assemblé. LaCour n’en demeura pas là, le Roi donna une Déclaration en forme d’Edit,par laquelle il ordonna à tous ses sujets de recevoir ces propositions,&aux Professeurs en Théologie & en droit Canon de les enseigner, avecdefense de mettre au jour une doctrine qui y fût contraire. PlusieursDocteurs de Sorbonne furent exilés pour n’avoir pas voulu obéir à unordre si violent. Le Pape indigné de l’audace des Evêques , les con-- -damna dans un Consistoire tenu à ce sujet, & fit brûler ignominieuse-ment les propositions (a). Après un pareil éclat, il semble que l’Eglisede France s’en seroit toujours tenue à une Doctrine si solemneJlement re-çue; rien moins que cela. „ Les quatre maximes, dit M. de Voltaire (b),
„ furent d’abord soutenues avec enthousiasme dans la nation; ensuite avec„ moins de vivacité. Sur la fin du régné de Louis XIV. elles commen-n cerent à devenir problématiques, & le Cardinal de Fleuri les fit depuis •
,, désavouer en partie par une assemblée du Clergé, sans que ce désaveu„ causât !e moindre bruit, parceque les esprits n’étoient pas alors échauf-„ fés". Cependant Innocent XI. s’aigrit plus que jamais ; il refusa desbulles à tous les Evêques & à tous les Abbés Commandataires que Je Roinomma; deforte qu'à la mort de ce Pape, en 1689, il y avoit vingt - neuf :Diocèses en France dépourvus d-Evêques. Ces Prélats n’en touchoient pasMoins leurs revenus, mais ils n’ofoient se faire sacrer, ni faire les fonc-
(j) La rrême, p. 492-495. (b) De ’Fvltdre ubi sap.’