D’I T A L I E. Liv. XXIV. Cir. I. 62r
Ce fut dans ce même rems, que le Pape fit un accueil fort froid às?.CTro»l’AmbaíTadeur de Jaques II. Roi d’Angleterre. Ce Prince, qui s’étoit XI.déclaré Catholique Romain , envoya le Comte de Caítelmain à Rome,pour reconciler ses trois Royaumes avec le Saint Siégé. Mais le Papene se soucia pas beaucoup de cette affaire, fans doute parcequ’il 11e 1623 jus-croioit pas que la conversion des trois Royaumes fût auffi prête qu'on vou- qu'à notreloir lui faire croire. Après plusieurs audiences, qui s’e'toient passées en tems -discours généraux, le Comte voulut mettre fur le tapis le sujet de son Am- ~ . ' '
ballade, mais il survint une toux au Pape, qui mit le Saint Pere hors d’état jaque/de parler & d’entendre; à l’audience suivante, autre fluxion à-propos, & IL» Rome .ainsi trois ou quatre fois de fuite. On conseilla à l’Ambassadeur d’avoir re-cours à un autre moyen ; ce fut de faire dire au Pape qu’il s’en retourne-roit, puisqu’il ne pouvoit espérer de parier d’affaires. Le bon Pere pourtoute réponse lui fit dire, qu il lui conseillait de voyager le matin à la fraî-cheur , & de se reposer pendant la chaleur dujour, parcequil étoit dangereuxen Italie de suivre une autre méthode (a). II y a de l’apparence que l’intimeliaison qu’il y avoit entre Jaques II. & Louis XIV. ne contribua pas peu aumauvais succès de cette Ambassade.
Bientôt il survint un nouveau sujet de brouillerie entre la Cour de Paris Autre& celle de Rome. Louis XIV. voulut donner un Electeur à Cologne, &, brouillententreprit d’élever à cet Electoral le Cardinal de Furstemberg, Evêque d e entre laStrasbourg, fa créature & la victime de ses intérêts. Ferdinand de Bavie-re, occupoit alors le siégé de Cologne,* comme il étoit malade àl’extré ce°iu°iumité, l’argent du Roi répandu à-propos parmi les Chanoines,les intrigues France.
& les promesses firent élire le Cardinal de Furstemberg comme Coadjuteur, 1688.
& après la mort du Prince, il fut élu une seconde fois par la pluralité dessuffrages. Le Pape a le droit de conférer l’Evéché à l’élu, & l'Empereura celui de le confirmer à l’Electorat. Ils s’unirent pour donner cette Prin-cipauté au Prince Clément de Bavière, frere du dernier mort. Ce Princen’avoitque dixiept ans, n’étoit point Chanoine de Cologne, & possé-doit déja deux Evêchés. Le Pape lui accorda dispense â ces trois égards; 6cmalgré Louis XIV. il devint possesseur del’EIectorat (b).
La haine que le Pape avoit pour Louis XIV. réjaillit fur Jaques II. au- Mori ^ ;quel ce Pontife n’accorda d’autres secours que des C hapelets & des InduU nocent xi!gences, qui ne lui furent pas de grande utilité pour reconquérir ses royau- 168-.mes. On fouhaitoit avec ardeur en France d’être délivré d’un Pape, quifavori soit fl peu les projets du Roi. Enfin on fut content, Innocent XI.accablé d’infirmités & de vieillesse mourut le xi d’Août 1689, âgé de soi-xante dixhuit ans, dans la treizième année de son Pontificat. Nous ne ré-péterons pas ici ce que nous avons dit de son caractère. II est aisé de s’enfaire une juste idée. On peut voir dans Bayle (c) des réflexions fort cu-rieuses fur ce qu’on prétendoic qu’un Pape voluptueux, mais qui auroicpu mieux qu’Innocent XI. sacrifier ses paflìons particulières aux intérêtspolitiques, auroit été plus utile à la Catholicité.
Les Cardinaux furent assez longtems dans le Conclave. La guerre qui EkZion
(d) Voy. de Misson T. II. p, 183-285. 00 De Voltaire ubi sup. & t° us l es RÛL
De Rapin T. X. p. ZZ- (c) Art. Innocent XI. Reni. (F).
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