C >20 HISTOIRE GENERALE
Section singulier, c’est que le Pape lui-même passa pour un des fauteurs de la nou-XI. velle hérésie en for te que l’Inquisition lui envoya des Députés devant lesquels
i/s'/îoíre u fut obligé de fe justifier, non en qualité de Pape, mais comme Bsnedet*
i,Js l'in to Odefcaîchi. On fit ensuite des Extraits des Livres de Molinos, dont on1623;»/* tira soixante-huit propositions, qu’on l’obligea d’abjurer publiquement,qu’à notre à il fut condamné à une prison perpétuelle (a).
tms ‘ L’affaire des Franchises causa plus de chagrin encore au Pape. Tant que
Erouiiieries ^ Duc d’Etrées avoit vécu, on ne l’avoit point inquiété fur ce sujet; maisentre la ce Seigneur étant mort au mois de Janvier 1686, le Pape prit des mesures
Cour de pour abolir un droit qui donnoit lieu à de si grands abus. Ayant obtenu
France & l’Empereur, des Rois d’Espagne, de-Pologne & de Jaques II. Roi d’An-sujades™ S le,erre qu’ils renonçassent à ces droits odieux, il fit représenter à LouisFranchises. XIV. par son Nonce Ranucci les raisons qu’il avoit d’abolir les Franchi-ses, & qu’il efpéroit de son zele , qu’il concourroit , comme les autresRois, à la tranquillité & au bon ordre de Rome. Louis répondit, „ Qa’il„ ne s’étoit jamais réglé fur l’exemple d’autrui, & que cetoit à lui à lër-„ vir d’exemple”. Cependant le Pape fit expédier le 2 de Mai une bulle,qui enfermoit celles de Sixte V. & des autres Pontifes fur ce sujet. II fitplus. II décerna la peine de Texcommunication majeure encourue, contretoutes personnes, de quelque condition qu’elles fussent, Ecclésiastiques ouSéculiers, qui à l’avenir prétendroient avoir, ou défendre, de quelquemaniéré que ce fût les Franchises , vulgairement appellées Quartiers , ouqui entreprendroient directement ou indirectement de troubler les ministresde la justice dans l’exécution de leurs ordres,au sujet de l'observation de laBulle, qui les déclaroit abolies. Louis XIV. ne laissa pas d’envoyer à Ro-me le Marquis de Lavardis. Cet Ambassadeur étant arrivé à Bologne, Jtrouva un Maître des Cérémonies, qui lui déclara , que s’il n’étoic pasdisposé à renoncer aux Franchises, il ne seroit point reconnu pour Am-bassadeur. Lavardin continua sa route, & entra le 16 de Novembredans Rome, escorté de cinq - cens Gardes de la Marine , de quatre - censOfficiers volontaires, A de deux-cens hommes de livrée, tous armés. Hprit possession de son Palais, de ses Quartiers & de l’Eglise de St. Louis,fit poster des sentinelles, & faire la ronde comme dans une place de guerre.L’Ambassadeur, au bout de quelques jours fit demander deux fois audienceau Pape, qui fit réponse, qu’il ne connoissoit le Marquis de Lavardin quepour un excommunié, & fit interdire l’Eglise de Saint - Louis, où le Mar-quis avoit fait ses dévotions le jour de Noël. L’Ambassadeur fit afficherune protestation, le Procureur-Général du Roi interjetta appel au futurConcile & on donna des gardes au Nonce Ranucci. Le Pape renouvelleà cette occasion la dispute sur la Régale, & refusa les bulles pour les Evê-ques nommés par le Roi. On se déchaîna fort contre le Pape en Franceòc tous les Ecrits de ce tems-là font remplis de traits contre lui. Le Roife saisit auíìi d’Avignon & du Comtat (b). Cette affaire ne fe termina quesous le successeur d’ínnocent XI.
(a) Burnet Voyag. T. 11. p . 34.2-345. le Qjdètisme £? les Ouiétistes p. 262 & f uiv *Extrait d’une Lettre Angloise écrite de Anilt. 16S8. ^
Hoirie en Hollande au sujet des Quiétistes, (/;) Cont. de Mezeray T. XIII. p- 2I2 *dans ie Recueil é diverses Pieces concernant 216 . Voltaire Siecle de Louis XIV. Lh. J 3 -