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ce tous les Lundis aux pauvres, & à tous ceux qui avoient quelque chose Sectionà lui demander, ou à lui proposer. II fut obligé d’interrompre quelque tems XLcette louable coutume, à cause qu’il s’étoit blessé à la cuisse en tombant ; ^foiremais il la reprit ensuite. Cette attention lui fefoit plus d’honneur, qu’elie depuis*e an’étoit avantageuse à ses sujets, parcequ’il ne prenoit guere de résolution 1623 jus?fans consulter ses Ministres. II ne laissa pas de remédier à bien des abus. i lt ‘à neìreII mit à la raison un Prince, parceque ses sujets se plaignoient de son gou- ttìns -vernement, & l’obligea de payer ses créanciers. . Un Duc fut mis au Châ- ... ~
teau S. Ange, pour avoir menacé un Prélat, qui étole son oncle , & un han or.
cavalier ayant fait quelques insolences, fut banni de la ville, malgré les àintercessions d’un Cardinal, dont il étoit neveu. Quelques Dames furentmenées au Château S. Ange, pour avoir joué à la Bassette, contre la ri-goureuse défense que le Pape en avoit faite,aussi bien que de plusieurs jeuxde hazard. II fit donner en même tems l’estrapade à quelques Sbirres, quiavoient pris de Targentpour ne pas dénoncer les grands joueurs de Cartes,quils avoient découverts. II; fit quitter la perruque à tous les Ecclésiasti-ques, obligea les Curés de Rome à s’assembler tous les Mecredis, pour con-férer des Cas de Conscience. II s’appiiquoic surtout à faire du bien auxPauvres, qu’il appelloit ses neveux. II en fit mettre jufqu’à cinq mille dansle Palais de Latran , & assigna un fond de près de trois-cens mille écuspour leur entretien. Mais afin d’empêcher qu’ils ne se multipliassent, tousles Fainéans , qui ne vouloient pas travailler, ou qui mendioient par laville , en étoient d’abord bannis avec infamie, ou mis en prison (a).
La seconde année de son Pontificat, il obligea par sa fermeté les Car- n a j ÌO i it lgdinaux à consentir à l’abolition du Népotisme. Plusieurs d’entre eux n’é- Népotisme.toient pas moins zélés que lui à cet égard. Le Cardinal Albani fut chargé I< 5 9 2 -de dresser la Bulle, ce qu’i! fit d’une maniéré qui fermoit la porte à tous lessubterfuges de quelque Pape. II borna les libéralités que les plus indulgenspeuvent accorder à leurs neveux, à la somme de douze mille écus. Inno-cent publia cette bulle, & la fit souscrire par tous les Cardinaux qui étoientà Rome (b). II s’ attacha ensuite à réformer les Moines réguliers, dont ilconnoissoit la vie licencieuse. L’entreprií'e étoit difficile, parceque les Or-dres réguliers sont nombreux & fort riches en Italie, & les Moines parleur naissance tiennent à un grand nombre de personnes. Aussitôt qu’ín-nocent eut fait éclater son dessein , l’Italie & la ville de Rome en par-ticulier, se trouvèrent pleines d’Ecrits, même imprimés, qui relevoientvivement ce qu’il y avoit à censurer dans la Cour de Rome,- on exhortoitle Pape à commencer par remédiera ces désordres, qui étoient d’autant plushonteux à l’Eglise , que les personnes les plus élevées en dignité les com-mettoient. Le courageux Pontife n’auroit pas laissé de persister dans sondessein, si ceux qui avoient des vues plus étendues q uelui , ne l’avoientobligé d’y renoncer (c). II réussit mieux dans ie projet de démolir le Théâ-tre, où l’on repréfentoit les Opéra?.
On négocioit toujours pour pacifier les différends de la Cour de France Acctmm^avec celle de Rome. Le Pape avoit paru dans les commencemens d’une à»enr de
(o) Là-même, p. 3331 334 -
Q>) Iìtat du Siégé de Rome T. II. p. 110.
(f) Le même p. 113.