SectionXI.Histoirerf ’Italie
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Brouillerie
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fermeté inébranlable. Louis XÍV.avoit menacé inutilement. On fit diversespropositions d’accommodement fans succès. Enfin les Evêques lassés den’être nommés que par le Roi, & de fe voir fans fonctions, demandèrent. à la Cour de France, la permission d’appaiser celle de Rome. Le Roi,
1 Tn ss dont la fermeté étoit fatiguée le permit. Chacun d’eux écrivit séparément,qu’à notre qu 'il étoit douloureusement affligé des procédés de î Assemblés de 1682 , &ten«. déclare dans fa Lettre, qu’il ne reçoit point comme décidé, ce qu’on y 3
-décidé, ni comme ordonné, ce qu’on y a ordonné. Innocent XII. fe con-
tenta de cette démarche. ,, Les quatre propositions n’en furent pas moinsRome. „ enseignées en France de tems en tems. Mais ces armes fe rouillèrent,
quand on ne combattit plus ; à la dispute resta couverte d’un voile,sans être décidée, comme il arrive presque toujours dans un Etat, q®n’a pas fur les matières des principes invariables & reconnus. Ainsi,tantôt on s’éleve contre Rome, tantôt on lui cede, suivant les conjonc-„ tures, & suivant les caractères de ceux qui gouvernent, & les intérêts„ particuliers de ceux par qui ils font gouvernés (a)”.
Le Pape fe brouilla aussi avec l’Empereur, au sujet de quelques Fiefs,entrel’Em- situés dans l’Etat Ecclésiastique, qui relevoient naturellement de l’Empire.penur £?ie Le Comte de Martinitz, Ambassadeur de Léopold à Rome, fit afficher unOrdre, par lequel il sommoit les possesseurs de ces Fiefs ou ceux qui yprétendoient, à en faire hommage à l’Empereur. Innocent XII. regardacette démarche comme une atteinte à son autorité & à ses droits ; il or-donna au Cardinal Altieri, comme Camerlingue de faire afficher publique-ment un autre Edit, par lequel, avec la feule raison de l’Autorité Souveraine,il déclaroit réunis au Fisc de l’Eglife, tous les Fiefs qui pourroient être dansses Etats. Ce démêlé donna lieu à une infinité d’Ecrits Satiriques de part& d’autre, & les choses en seroient venues aux dernieres extrémités, sil’Empereur n’avoit pas rappeîlé le Comte de Martinite. Comme le l J a^ eétoit tout dévoué à la France, Léopold appréhenda qu’il ne sc déclarâtouvertement en faveur de cette couronne. II envoya le Comte de Law-berg à Rome, qui parut moins ferme que son prédécesseur ( b ). Cela n’em-pêcha point le Pape de faire tout ce qui dépendoit de lui pour obliger l’E®‘pereur à faire la paix avec Louis XIV. en ne lui accordant aucun secours.Et avec la II n’étoit pas en meilleure intelligence avec la Cour d’Espagne. D’abordc»ur d'Es- au sujet de l’ínquisition dans le royaume de Naples. Malgré tous les effort*^gne. q U ’on avoit faits pour y établir ce tribunal, les Napolitains n’avoient ja-mais voulu l’admettre. Ils ne laissoient pas d’être en quelque façon expose*à ses rigueurs, pareeqne l’Inquisition de Rome envoyoit des Commissaires,qui se rendoient fort odieux par leurs procédures. On s’étoit déja plaintdiverses fois de ces Délégués. En 1691 les Inquisiteurs de Rome envo*yerent ouvertement un Commissaire pour sévir contre ceux qui suivoie nCla nouvelle Philosophie de Descartes. Ce Prélat s’en acquitta avec tan cde sévérité ; que les Députés chargés de veiller fur le Saint Office repre-scnterent au viceroi, que la ville souhaitoic ardemment de n’avoir p' u *aucun Inquisiteur, pas même avec un pouvoir borné, quelle demandoique les affaires de religion fustène réglées par les voies ordinaires & P ar “ e *
(a) Siecle de Louis XIV. ubisup, (b) Hist. des Papes T. V. p. 4°4*