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32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
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4 ?z 2 HISTOIRE GENERA L E

sSestíon Pontificat dInnocent XII. mais la Société avoit trouvémoyen darrêterfeíXl- poursuites de ses ennemis. Clément XI. aimoit les Jésuites & les proté-IJiftom^ geoit dune façon qui scandalisoit ceux qui les haïlsoient, & ceux quiyJs Tan étoient persuadés quils connivoient à lidolâtrie. II différa donc auffi1623 j-us- longtems qu'il lui fut possible à prononcer fur ce différend , mais enfinqu'àt.etre il fallut décider. Par un Décret du 20 de Novembre 1704., le Pape au-t mS torisa celui de la Congrégation de Rome , qui condamnait le culte & lescérémonies des Chinois. II envoya le Cardinal de Tournon à la Chine,lequel y étant arrivé, se déclara aussi contre le Culte qui y étoit en usage.Les Jésuites s'en vengeront bientôt contre ce Prélat , outre les horriblespersécutions quils lui suscitèrent, ils entreprirent de faire passer leur ven-geance jusquen Europe contre ceux qui leur avoient attiré cette condam-nation & tâchèrent de mettre le Pape dans leurs intérêts (a).disputes Clément XI. qui se repentait déja davoir chagriné une Société, dont-iiau Jansé- connoissoit le grand crédit, embrassa la premiere occasion de se montrer'nouvelléês. favorable aux Jésuites, en condamnant de nouveau les Jansénistes. Les dis-putes-sétoient renouvellées en France,il y avoit deux ans. On avoit pro-posé le 20 de Juillet 1702 un Cas à des Docteurs de Sorbcnne,où on leurdemandoit, ce quon devoit penser dune personne qui ne croioit point leFait de Jansenius, & qui étoit très-persuadée que lEglise ne pouvoit enexiger la croyance, & qui cependant avoit signé purement & simplementle Formulaire dans cette disposition. Ils répondirent que cette personne«toit en fureté de Conscience, & cette décision fut signée par quaranteDocteurs. II parut bientôt divers Ecrits pour censurer la décision, & quel-ques -uns des Docteurs, qui y avoient souscrit, jugèrent à - propos de sejustifier. Ils adressèrent une espece de Lettre au Cardinal de Noailles,Archevêque de Paris, comme au Juge de la Doctrine dans son Diocèse.Ce Prélat rendit en 1703 une Ordonnance, par laquelle il condamnaitla résolution du Cas de Conscience, comme étant contraire aux Consti-tutions dInnocent X. dAlexandre Vil & aux Brefs dInnocent XII; U.condamnait aussi les Libelles plein daigreur, quon avoit répandus con-tre ceux qui avoient signé le Cas de Conscience; il finissait en exhor-tant les Théologiens à la paix. Le même jour que parut cette ordonnan-ce, le Roi donna un Arrêt, portant défenses de composer, imprimer nidébiter aucun Libelle sur les anciennes contestations, touchant Jansenius.Dans le même tems, le Pape publia un Bref à Rome, par lequel il con-damnait la Lettre & le Cas de Conscience. 11 lenvoya au Roi avecun autre Bref, par lequel il lui marquait la condamnation quil venaitde prononcer. Clément écrivit un troisième Bref, adressé au Cardinalde Noailles, pour exciter son zele contre la détermination des Docteurs.Ce Prélat avoit déja reçu un Acte, signé par la plupart des quaranteDocteurs, ils promettaient de conformer leurs sentimens & leur con-duite à son ordonnance. Louis Du Pin & quelques autres des principauxsoufcrivans furent relégués par ordre de la Cour, ce qui attira au Roiun Bref de remercîment du Pape ( 5 ).

(a) Cont. de Mezeray T. XIII. p. 501. Volumes, l'uu imprimé en 1705 & lautreEtat du Siégé de Rome T. II. p. 213. en 17x1.

(«) Hist. du Cas de Conscience en 2