D’italie. liv; xxiv. C n. I. 6§Z-
Les Evêques 6s France, qui avoient le plus pris parti contre ]e Cas de SectioìîC onscience, & entre autres Godet des Marais Evêque de Chartres, en- „.„ X . Lgagèrent Louis XIV. à demander une Bulle, qui décidât qu’il ne suffisoit Tltaìiepas de garder un silence respectueux à l’égard des Faits décides, qu'i! /-à î’anfalloit aussi les croire intérieurement. Cetoit-là le fond de la Question , Iô2 3 M-mais le Pape se donna bien de garde de décider. Car s’il avoic déclaré r-ïàmtrs
conformément à la vérité , que la croyance n’est pas due à l’égard des __
faits, il auroit donné gain de cause aux Jansénistes. II n e pouvoit pas non Bulle vì-pîus décider le contraire, à moins d’établir un principe contredit par tous neam Lo*
Jes Théologiens. Il se contenta donc de donner le 20 d’Octobre 1705 la min: '
Bulle Fìneam Domini Sabaoih , par laquelle il déclara , qu’on ne satisfait 170 ^point à la soumission due aux Bulles Apostoliques par le silence respectueux •ce qui à l’égard des points de Foi, étoit reconnu de tout le monde, mais iislagisibit des Faits, & c’est surquoi le Pape ne décida point. II se répan-dit seulement en invectives contre ceux qu’il accusoit de cacher serre uY'sous le voile du silence respectueux, fuppoíant que les propositions se trou-vent dans Jansenius. Le Nonce présenta cette Bulle au Roi avec un Bref *
du Pape pour lui en recommander l’exécution. Le Clergé étant alors as.semblé à Paris, Louis XIV. envoya la Bulle à sassemblée,avec une Lettrepar laquelle il l’exhortoit à délibérer incessamment fur l’acceptation. On nom-ma pour Commissaires l’Archevêque de Rouen, sept Evêques & sept Ab-bés, qui examinerent la Bulle, & firent leur rapport à l’assemblée, aprèsavoir établi trois Maximes préliminaires. 1. Que les Evêques ont droit,,par institution divine, de juger des matières de Doctrine. 2. Que les Con-stitutions des Papes obligent toute l’Eglife , lorsqu’elles ont été acceptéespar le Corps des Pasteurs. 3. Que cette acceptation de la part des Evêques-se fait toujours par voie de jugement. Après ces précautions, la Commis--sion opina que la Bulle devoit être acceptée avc-c respect & soumission,qu’on devoit écrire une Lettre circulaire à tous les Evêques du Royaume,,pour les exhorter de faire publier la Constitution dans leurs Diocèses. LaSorbonne accepta aussi la Bulle, de même que le Parlement. Cela ne ter-mina pas néanmoins la dispute; on se partagea sur la question si la créancedu fáit, écoit de Foi Divine, ou de Foi Humaine. L’obscurité de la Bulleservit à séduire les simples, & à renouveler les persécutions contre les Jansé-nistes , du nombre desquels étoit le Monastère duPort- Royal des Champs,dont cette Bulle causa peu après la destruction (a).
Pendant ces querelles Théologiques, le Pape se brouilla avec l’Empereur, RupiùrsVoici à quelle occasion. Un Gentilhomme Romain, nommé Cavaletti avec (ntre l ’ EìnJsoafils, s’étant opposé aux Sbìrres, fut mis en prison. Le Comte de F reur & kLamberg, Ambassadeur de l’Empereur à Rome , demanda sélargissemenc ^de Cavaletti, prétendant qu’il étoit son domestique. Le Pape n’aiant euaucun égard à ses remontrances, le Comte en écrivit à Vienne. Cavalettifut peu après mis en liberté. Mais l’Ambassadeur , en conséquence des or-dres , qu’il reçut de fa Cour, sortit de Rome & de l’Etat Ecclésiastique,fans prendre congé du Pape, & le Nonce à Vienne eut défense de paroitrea la Cour. L’Empereur demanda pour réparation de l’insulte, que Palla-
(«-) Hist. ées Tapes T. V. p, 420-422.-