SeíTION
XI.
Histoire _à’ Italiedepuis l'an1623 jus-qu à notreteins.
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638 HISTOIRE GENERALE
Pontificat. En 1716 le Cardinal de la Trimouille conseilla au Pape de neplus insister fur l’acceptation pure & simple , & le Pape l’écouta fans fe fâ-cher; cependant il étoit toujours très-me'content de la conduite de l’EgliseGallicane,& les Lettres qu’il recevoit de quelques Evêques de France ser-voient à l’anirner. Le Nonce Bentivoglio reçut de Rome trois Brefs; l'unfort vif pour le Duc Régent ; l’autre qui contenoit des munitions pour leCardinal de Noailles; & le troisième une efpece de Décret, qui cassoit le' Conseil de Conscience. Mais on fut obligé de renvoyer toutes ces Piecesà Rome, & l’Abbé Chevalier partit le 14 de Mai pour y négocier les ex-plications qu’on demandoit en France. L’Abbé eut audience avec le Car-dinal de la Trimouille, mais le Pape n’entra nullement dans ses vues, &renvoya Chevalier au Cardinal Paulucci. 11 eut deux Conférences avec ceCardinal assez infructueuses. Le Pape convoqua pour le 27 de Juin uneCongrégation générale des Cardinaux. Après y avoir exposé ce qui s’étoitpassé jusques-là, il dit aux Cardinaux, qu’il les consultoit sur la maniérédont il faudroit i'y prendre pour punir le Cardinal de Noailles, & fur cequ’il falloit faire aux autres Evêques désobéissans, fur les Parlemens, furla Sorbonne, fur les bulles des Evêques nommés, enfin s’il devoir donneraudience à l’Abbé Chevalier , & il leur accorda quinze jours pour avoirleurs réponses. On vit bien alors qu’il n’y avoir rien à attendre de la Courde Rome, & le Pape fe porta à des excès qui révoltèrent tout le mondecontre lui. II ne fit plus expédier de provisions pour les résignations desBénéfices, qui fe trouvoient dans les Diocèses des Evêques qui n’avoientpoint accepté. II donna des Brefs fulminans, l’un du 18 Novembre 1716contre la Sorbonne, dont il suspendait tous les privilèges; l’autre du 20du même mois, aux Evêques Acceptans , où il disoit que chercher desexplications à la Bulle, c’écoit porter ses désirs au fruit de l’Arbre défen-du. Le Régent fit défendre aux Evêques de recevoir ce Bref, & les Par-lemens rendirent des arrêts pour les supprimer tous deux. Peu après qua-tre Evêques interjetterent un acte d’appel au futur Concile Général, enquoi ils furent suivis par un grand nombre de Curés, da Communautés Re-ligieuses, de Chapitres, & enfin par la Sorbonne & d’autres Evêques. LeRégent envoya un Courier extraordinaire à Rome pour en donner avis auPape , & l’exhorter en même tems à s’adoucir & à chercher quelquesmoyens de conciliation. On fut fort consterné à Rome de l’appel, <k lePape prit le parti de temporiser, & de trainer les affaires en longueur.Ainsi lorsque le Cardinal de la Trimouille alloit faire repartir le Courierextraordinaire, qui avoit apporté l’appel, le P. Laffiteau vint lui proposerde la part du Cardinal Toloméï, que si le Roi vouloir donner une Déclara-tion pour défendre d’écrire & de parler contre la Bulle , sept Cardinauxpromettoient d’empêcher le Pape d’agir désormais,& de le déterminer ausilence. Pour faire agréer cette proposition en France. Clément écrivit defa propre main une Lettre âu Cardinal de Noailles pleine de scntimens af-fectueux & de tendres exhortations. Cette Lettre fut regardée commeune honnête Monicion. Le Régent étoit fort embarrassé «St souhaitoit devoir finir cette fâcheuse affaire ; il goûtoit assez l’expédient du silence pro-posé par le Cardinal Toloméï, mais d’un autre côté c’étoit renoncer auXavantages qu’on pouyoit tirer des allarmes du Pape , comme l’Abbé Che-