D’ I T A L I E. Liv. XXIV. Ch. V 6 53
Benoit XIII. eut aussi de grands démêles avec la Cour. de Turin, au sujet Sectionde l’indult du Pape Nicolas V. en faveur de la Maison de Savoye, con- Xl.
fìrmé par plusieurs Papes. Les bornes que nous devons nous prescrire, nenous permettent pas d’entrer dans le détail de cette affaire, qu on peut depuis*r »,voir dans une Relation Historique que la Cour de Turin a fait publier en 1623/«/:1731, & dont on trouve un ample extrait dans la Bibliothèque Italique T. qu'à notreIX. Art. 3. Nous nous contenterons de dire , qu'en 1727 on convint tems -d’une efpece de Concordat, par lequel l’affaire fut terminée pour ce (ie
tems-la. ís Cour de
Nous ne nous étendrons pas non plus fur les affaires de la Constitution. Rome avecII suffira dé dire, que le Pape, dans son voyage de Benevent,donna deux ce ! le deTu ~Bulles fur ce sujet; l’une pour autoriser la doctrine des Dominicains fur la r! ”* .Prédestination gratuite & fur la Grâce efficace, & l’autre pour pacifier lestroubles excités par l’Unigenitus. Mais ces Bulles firent plus de mal qu e^on/ 1 *****de bien. Les Constitutionnaires renouvelleront les persécutions en France.
On tint un Concile Provincial à Embrun, où l’Evêque de Sénés, vénéra-ble vieillard fut condamné & suspendu. Cinquante Avocats de Paris don-nèrent une Consultation contre le jugement rendu au préjudice de l’Evêquede Sénés, & le Pape la condamna par un Bref. Tout ce qui résulta de cesviolences, c’est qu’on engagea Tannée suivante le Cardinal de Noailles àdonner un Mandement par lequel il acceptoit la Constitution. Le Pape enfut transporté de joie, fit part de cet événement au Sacré College, ordon-na des actions de grâces, fit exposer le Saint Sacrement dans toutes lesEglises dédiées à la Vierge, ouvrit les trésors de l’Eglise & accorda desindulgences.
Les brouilleries de la Cour de Rome avec celle de Portugal, au sujet de Suite desM. Bichi, augmentoient tous les jours. Elles furent portées si loin, que joailleriesles Ministres de fa Majesté Portugaise & tous ses sujets qui se trouvoient a R f°jà Rome, en furent rappellés, à dans le môme tems M. Firrau, nommé aveccèiiedeNonce à Lisbonne, reçut ordre de sortir du royaume dans cinq jours. Portugal.N’ayant pas obéi à cet ordre, il en reçut un second par une Lettre du Se- * 7 2 8 *cretaire d’Etat. II y répondit, en alléguant qu’il étoit malade, & qu’ilne pouvoit partir fans ordre du Pape. On insista & pressa si vivement,que M. Firrau fut ensin obligé d’obéir. En partant il écrivit au Secretaired’Etat une Lettre remplie d’ameres plaintes, àc où il lui dénonçoit l’excom-munication encourue, suivant la bulle in Cœna Dominu Les choses n’endemeurèrent point - là. Le Roi, fit éclater son indignation contre la Courde Rome par trois décrets. Le premier défendoit à tous les Ecclésiasti-ques, Séculiers & Réguliers, d’aller à Rome ou dans les Etats du Pape,d’y envoyer aucun argent directement ou indirectement, d’y solliciter au-cunes Bulles L c. fans la permission du Roi. Le second ordonnoit auxPortugais, qui étoient à Rome, ou dans les terres du Pape, d’en sortirdans six mois, & à tous les sujets du Pape qui se trouvoient dans les paysde la Domination Portugaise d’en sortir dans un an. Le troisième défen-doit l’emrée de toutes marchandises venant des Terres du Pape. Une con-duite si vigoureuse engagea le Saint Pere à établir une Congrégation pourterminer cette querelle, qui ne le fut cependant que sous son successeur.
Nnnn 2