SectionXI.Histoired'ïtdie de-puis l'an1623 jus-qu’à notretems .
Traité deSevílle.j 7 29.
£54. HISTOIRE' GENERALE
Le Pape, bien qu’entierement esclave du Cardinal Coícia, ne laiíTòitpas quelquefois d’agír par lui-même, & alors il étoic fort attends au bienpublic. II en donna des preuves en deux occasions cette année. Le droitd’asile dont jouissent les Eglises en Italie , avoit tellement multiplié lesmeurtriers, que l’on comptoir déja huit - cens hommes de tués fous ce Pon-tificat. Le Pape fit publier au mois de Juin un Edit, qui excluoit les ho-micides de fissile des Eglises, excepté les quatre Basiliques. Encore rsyj tention poùvoient- ils jouir de l’immunité, que pendant trois jours. On défenditdu, F.ape au auffi fous de rigoureuses peines de porter des couteaux ou d’autres armes.bien public. Benoit donna une autre preuve de son affection pour le Peuple, Le nou-veau Trésorier Général avoit proposé une nouvelle imposition sur la vian-de, pour subvenir aux besoins de la Chambre Apostolique. Le Pape refusad’y consentir, & dit qu’il aimoit mieux congédier les Gardes & le Che-vaux - Légers, puisqu’il ne s’en servoit pas & qu’il ne les croioit pas né-cessaires.
Les Conférences de Boissons n’eurent pas le succès qu’on en attendoit.L’Empereur ne pouvoit se résoudre à abandonner entierement la Compa-gnie d’Ostende, ni à assurer d’une maniéré irrévocable les droits de l’Ëfpa-gne sur les Etats de Toscane , de Parme & Plaisance. Le Ministère deFrance fit sentir à la Cour de Madrid la nécessité de se détacher de l’allian-ce de la Cour de Vienne, pour obtenir ce qu’elle souhaitoit. Cela donnalíc-u au Traité conclu à Seville, le 9 de Novembre 1729,entre la France,l’Angleterre & l’Espagne. Par ce Traité, tous les articles de la QuadrupleAlliance furent confirmés & renouvellés, & particulièrement ceux qui ac-cordoit-nt à l’Infant Don Carlos la succession éventuelle des Duchés deToscane & de Parme. On régla, que le Roi d’Ëspagne y feroit passer sixmille hommes de ses propres troupes , au lieu des Suisses qui avoientété stipulés par la quadruple alliance comme troupes neutres. Les EtatsGénéraux accédèrent à ce Traité, dont nous verrons bientôt les effets.
Le Pape Cette année-le Pape fit une démarche, qui lui attira bien du chagrin, jeM&orise parle du Bref pour autoriser toute l’Eglise à recevoir l’office de GrégoireW. le plus furieux Pontife qui ait occupé le siégé de Rome, & connuVil!’ e par ses attentats fur les droits des Souverains. Grégoire XIIÍ. l’avoit placédans le Martyrologe Romain en 1584; Paul V. avoit en 1609 fait dresserun office en son honneur; Alexandre VIL avoit introduit cet office danstoutes les Basiliques de Rome ; Clément XI. l'avoir accordé à l’Ordre de.Citeaux & aux Bénédictins ; enfin Benoit XIII. prétendit lé rendre généraldans toute la Chrétienté par un décret du 27 Septembre 1728. DiversesPuissances s’opposerent à l’introduction de cette Légende, mais ce fut fustout en France qu’on lui porta les plus rudes coups. Elle y parut impriméedans le mois de Juillet 1729. Le Parlement, fur les conclusions des gens duRoi en ordonna la suppression, avec défenses à tous Ecclésiastiques d’e"faire aucun usage, sous peine de saisie de leur temporel. Les Parlemensde Bretagne, de Metz & de Bourdeaux rendirent de pareils arrêts dansleur ressort. Plusieurs Evêques donnèrent des Mandemens pour défendreaux Ecclésiastiques de leurs Diocèses de réciter cet office , spécialementles Evêques d’Auxerre, de Montpellier, de Troyes,de Castres, de Me®