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Tome II.
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VENTE

sons, qui lui semblaient sages et prévoyantes, etconseilla au roi de se contenter de la restitutionde son argent. A lui tout seul il neût pas été cru,mais son frère le duc de Berri avait pris laffaireencore plus à cœur. Il avait épousé, depuis quel-ques années, Jeanne de Boulogne, nièce ducomte de Foix , qui avait été élevée par les soinsde son oncle. Lorsquelle fut accordée au duc deBerri, le comte de Foix avait mis pour conditionquon lui rembourserait trente mille francs pourfrais de la nourriture et éducation de la jeunefdle. Le duc de Berri vit en cette affaire un moyende ravoir ses trente mille francs, quil sétait tou-jours proposé de ne pas perdre. Il fit venir lesdéputés en grand secret, et leur dit : « Si vous« voulez gagner votre procès, cela se peut ; mais« auparavant il me faut les trente mille francs que« jai payés pour avoir ma femme. » Les deux dé-putés se regardèrent sans parler. « Consultcz-« vous, poursuivit le duc ; mais sachez que laf-« faire dépend de ma volonté ; sans cela vous« navez rien à espérer. Je me fais fort de mon« frère de Bourgogne : il est maître des frontières« de Picardie, moi de celles de Languedoc , et,« quand nous voulons bien une chose, il ny a« personne qui puisse nous contredire. Le vi-