DU CONNÉTAELE (1.192).
que l’occasion, et faisait épier tous les pas duconnétable. Enfin, le jour de la Fête-Dieu , le roiavait donné une grande fête en son hôtel Saint-Paul ; il y avait eu des joutes ; la reine et lesdames avaient décerné les prix ; puis après avoirdansé jusqu’à une heure après minuit, chacun seretirait sans crainte ni précaution.
Le connétable était resté des derniers ; ayantpris congé du roi, il alla trouver le duc de Tou-raine : « Monseigneur, lui dit-il, restez-vous ici,« ou allez-vous coucher chez Poulain ?» Ce Pou-lain était trésorier du duc de Touraine, et demeu-rait dans la ville, à la croix du Trahoir. Sonmaître allait souvent prendre un logement chezlui pour être plus à son aise. « Connétable, ré-« pondit le duc, je ne suis pas encore décidé.« Allez-vous-en toujours, car il est tard. Je vous« souhaite une bonne nuit. » Sur cela, le conné-table partit pour retourner à son hôtel, qui étaitsitué où est maintenant l’hôtel de Soubise. Iltrouva ses gens et son cheval qui l’attendaient àla porte de l’hôtel Saint-Paul ; il n’avait avec luique huit serviteurs ; deux portaient des torchesdevant lui.
Ils suivirent d’abord la chaussée de la rivière,puis tournèrent dans la rue Saint-Paul. Quand