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Tome II.
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DÉMENCE

Quand cet événement se répandit dans le royau-me et dans les divers États de la chrétienté, cha-cun en parlait diversement. Les uns disaient quelon avait été trop complaisant aux volontés etfantaisies de ce jeune roi ; quil navait été retenuen aucun de ses désirs, quil sétait livré à degrands excès ; quil avait ruiné sa santé par decontinuelles fatigues, chevauchant nuit et jour,au point quune fois il avait gagé avec son frèreh qui reviendrait le plus tôt à cheval de Montpel-lier à Paris ; que la faute devait en être imputéeà ceux qui avaient gouverné sa jeunesse ; et quesous la conduite de ses oncles il neût pas été sifort livré à lui-même. Les médecins expliquaientsa maladie par les dispositions de son tempéra-ment , et donnaient sur cela de savantes explica-tions ; mais généralement on croyait peu à toutesces causes naturelles. Le clergé voyait un châ-timent ou un avis de la Providence. Les secta-teurs du pape de Rome disaient que cétait pouravoir reconnu lanti-pape dAvignon ; et les fidè-les du pape Clément attribuaient la colère célesteà ce que le roi navait pas tenu la promesse quilavait faite daller à main armée détruire le schismede lÉglise. Parmi le pauvre peuple, il y en avaitqui pensaient que cétait une punition pour avoir