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DÉMENCE
Quand cet événement se répandit dans le royau-me et dans les divers États de la chrétienté, cha-cun en parlait diversement. Les uns disaient quel’on avait été trop complaisant aux volontés etfantaisies de ce jeune roi ; qu’il n’avait été retenuen aucun de ses désirs, qu’il s’était livré à degrands excès ; qu’il avait ruiné sa santé par decontinuelles fatigues, chevauchant nuit et jour,au point qu’une fois il avait gagé avec son frèreh qui reviendrait le plus tôt à cheval de Montpel-lier à Paris ; que la faute devait en être imputéeà ceux qui avaient gouverné sa jeunesse ; et quesous la conduite de ses oncles il n’eût pas été sifort livré à lui-même. Les médecins expliquaientsa maladie par les dispositions de son tempéra-ment , et donnaient sur cela de savantes explica-tions ; mais généralement on croyait peu à toutesces causes naturelles. Le clergé voyait là un châ-timent ou un avis de la Providence. Les secta-teurs du pape de Rome disaient que c’était pouravoir reconnu l’anti-pape d’Avignon ; et les fidè-les du pape Clément attribuaient la colère célesteà ce que le roi n’avait pas tenu la promesse qu’ilavait faite d’aller à main armée détruire le schismede l’Église. Parmi le pauvre peuple, il y en avaitqui pensaient que c’était une punition pour avoir