DU ROI (1392).
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levé tant d’aides et de tailles en temps de paix,comme en temps de guerre, sans que rien eût étéemployé au bien public. L’opinion la plus com-mune parmi les nobles et le vulgaire, c’est que lamaladie du roi était l’elTet de quelque maléfice ousortilège. On en savait tant d’exemples, que celaparaissait fort vraisemblable : aussi comptait-onbien plus sur l’assistance divine que sur les re-mèdes humains. Partout on faisait des prièrespubliques ; les évêques portaient les reliques deséglises dans de solennelles processions ; en tousles lieux où l’on savait des corps de saints ou desaintes connus pour guérir, par la grâce de Dieu ,la frénésie et la rêverie, de riches offrandesétaient envoyées. On présenta à la châsse de saintAcaire, à Avesne en Hainault, une représenta-tion du roi de France en cire, de grandeur natu-relle 1 .
Quelle que fût la cause à laquelle chacun attri-buât ce malheur, il n’était personne qui ne le dé-plorât. Les façons douces, faciles et aimables duroi avaient plu partout où il s’était montré; ilavait de la bravoure, l’amour de la bonne renom-mée et de la guerre ; par-là il avait donné favo-
1 Froissart. — Le Religieux de Saint-Denis. —Juvénai.