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Tome II.
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LES CONSEILLERS DU ROI (1393). 91

répondait pour apaiser la sincère douleur de laduchesse : « Madame, Dieu me soit témoin que« je voudrais quil men eût coûté vingt mille« francs et que la Rivière ne se fût pas forfait« envers le roi et la couronne. Avant ce malheu-* rcux voyage de Bretagne , je laimais bien, tout« comme vous ; votre prière lui vaut mieux que« si tout le royaume parlait pour lui ; et jy ferai,« à cause de vous, tout ce que je pourrai. » Ainsiil renvoyait sa femme un peu consolée ; maisquand il avait parlé avec madame de Bourgogne ou les conseillers du Duc, toute cette douceurchangeait, et il revenait a sa mauvaise volonté 1 .

Cependant, plus laffaire traînait en longueur,plus la première vivacité de haine et denvie allaitsapaisant, plus on prenait en pitié leurs mal-heurs, plus on pensait mal de ceux qui les pour-suivaient si cruellement. Cétait surtout le sire dela Rivière , ce vieil ami du bon roi Charles Y, quifaisait compassion à tous. On ne lui avait jamaisreproché ni hauteur ni dureté ; il avait toujoursété doux, courtois, patient et débonnaire auxpauvres gens ; donnant facilement audience àceux qui nen pouvaient avoir de personne, etleur laissant expliquer leurs affaires. Dailleurs

Froissart.