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DÉPART
« Marche, sont de votre sang et vos cousins, ils« sont aussi du voyage. — Ah ! sire de Coucy,
« reprit le Duc, vous en avez bien plus vu que nos« cousins, et vous savez bien mieux comme il se« faut conduire dans les différens pays.—En ce« cas, monseigneur, je vous obéirai et partagerai« cet emploi avec les sires de la Tremoille et« l’amiral de France 1 . »
Ce fut le 6 avril 1396 que le comte de Nevers partit de Paris . Le duc de Bourgogne le condui-sit jusqu’à Dijon , où la duchesse était venue l’at-tendre. Là, toute sa famille se trouva réunie pourlui faire ses adieux. Enfin, le 30, il se mit enroute pour la Hongrie , laissant son père et samère dans une inquiétude qui les portait à en-voyer sans cesse des courriers pour avoir desnouvelles de leur fils \
Les chevaliers français prirent leur route àtravers l’Allemagne et l’Autriche ; dans leur es-poir, ils se promettaient, après avoir délivré laHongrie des Turcs , de poursuivre jusqu’à Cons tantinople , de passer l’Hellespont , d’entrer enSyrie , d’affranchir la Palestine et le saint sépul-cre , et de revenir par la mer. 11 leur semblait querien ne dût résister à leur vaillance.