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Tome II.
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POUR LA CROISADE (159C). 159

Cette ardeur des chevaliers de France auraitpeut-être gagné les autres seigneurs de la chré-tienté si leurs princes avaient eu autant de zèleque le roi de France pour la foi catholique. Leschevaliers du Hainault avaient surtout grand dé-sir de sillustrer dans cette croisade. Us en par-lèrent au comte dOstrenant, gendre du duc deBourgogne , qui ne souhaitait pas moins queuxdaccompagner son beau-frère le comte de Ne-vers. Il sadressa donc à son père, le duc Albertde Bavière, régent de Hainault : « Monseigneur,« lui dit-il, on dit que mon beau-frère de Nevers « a entrepris daller cet été en Hongrie com-« battre lAmorabaquin. Il doit se passer de« grands faits darmes. Or, maintenant, je suis« de loisir, et ne sais aller pour guerroyer ; je« voudrais bien avoir votre permission de tenir« compagnie à mon beau-frère ; monseigneur et« madame de Bourgogne men sauraient gré, jem-« mènerais avec moi plus de cent chevaliers du« Hainault, qui viendraient volontiers avec moi. »A cela, le duc Albert, qui était homme de grandeprudence, répondit: « Guillaume, tu as donc en-« vie de voyager, daller en Hongrie et en Turquie « faire la guerre à des gens qui ne nous ont ja-« mais fait le moindre tort? Tu nas dautre rai-