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PROJET I)E GUERRE
« son pour cela que la vaine gloire du monde.« Laisse Jean de Bourgogne et nos cousins de« France se jeter en celte entreprise, et, puisque« tu veux guerroyer, va-t’en dans la Frise mettre« à la raison nos sujets de ce pays, qui ont tant« d’orgueil et de rudesse, qu’ils ne veulent pas« nous obéir ; je t’aiderai à cela. Il y a cinquante« ans que notre grandoncle, le comte Guillaume,« a été vaincu par ces rebelles, et il y perdit la vie« ainsi que toute sa noblesse. Il est même encore« gisant en un tombeau sur terre ennemie; va
* quérir le corps de notre oncle, rapporter ses
* armes, et venger l’honneur de ta race. Je tet seconderai de grand cœur dans cette entre-« prise*. » Le jeune prince trouva le conseilsage et s’y rendit volontiers. C’était une guerredifficile, et l’on pouvait y acquérir grande re-nommée. Les Frisons étaient des gens sauvageset sans nulle connaissance des choses de l’hon-neur et de la chevalerie. Ils n’avaient jamais aiméni reconnu aucun seigneur, quelque grand qu’ilpût être ; leur pays est entouré, presque de touscotés, de la mer ; ce ne sont que rivières, canaux,des et marécages ; les habitans seuls savent com-
1 Froissart.