CONTRE LES ANGLAIS (1406). 405
pour tenter de grandes entreprises ; mais ils dé-fendirent vaillamment la frontière et soutinrentavec une admirable constance le siège de la for-teresse toute ruinée de Lelinghen. Aucun échecne vint traverser leurs opérations, hormis queles sires de Cervolles et de Ghoiseul tombèrentdans une embuscade, et furent pris malgré desprodiges de valeur.
En Guyenne et en Limousin , il se faisait deplus grandes choses, parce qu’on y avait plus demoyens. Le sire Guillaume Le Bouteiller, un deschevaliers les plus renommés de France , y avaitamené un renfort considérable. Lecomte de Cler mont et le comte d’Alençon l’avaient suivi de près;d’ailleurs le connétable se trouvant dans les pro-vinces où il était fort considérable, excitait lezèle des seigneurs du pays, et les engageait à sejoindre à lui. La forteresse de Brantôme fut con-trainte de se rendre ; le château de Chalus enLimousin et plusieurs autres furent aussi prispar les Français . On avait annoncé qu’une arméeanglaise devait venir en Guyenne : elle n’arrivapas. Le découragement des ennemis semblait êtreune occasion favorable ; on aurait pu la saisir ;mais il fallait attendre les ordres des princes.Le duc d’Orléans n’arrivait point, et l’on vit