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MARIAGES
même les comtes de Clermont et d’Alençon quit-ter l’armée, la laissant sous les ordres du conné-table et du sire Le Bouteiller. Chaque jour lesmurmures redoublaient contre des princes quis’oubliaient ainsi dans les fêtes et les plaisirs dela cour. Pour faire honte à une telle conduite,cent soixante écuyers, sous la conduite d’un che-valier de Picardie, se mirent en campagne, par-coururent tout le pays, et finirent par s’emparer,sans autre secours, de la forteresse de Mussiden 1 .
C’étaient en effet des fêtes qui retenaient lesprinces loin des armées. Après leur réconcilia-tion, il se conclut de grands mariages, qui furentpompeusement célébrés. Le plus important detous fut celui de madame Isabelle de F rance, veuvedu roi d’Angleterre, avec son cousin Charles,comte d’Angoulême , fils aîné du duc d’Orléans .Elle était plus âgée que lui qui n’était qu’un en-fant ; elle perdait son titre de reine ; aussi pleura-t-elle beaucoup. Ce fut à Compiègne que se don-nèrent les fêtes pour ce mariage ; il fut solenniséen même temps que celui de Jean , duc de Tou-raine, second fils du roi, avec Jacqueline de Ba vière , fille du comte d’Ostrenant. Tous les princes
* Le Religieux de Saint-Déni*.
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