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UETorn
lion que de désarmer sa colère. La duchessed’Orléans , au désespoir de ne pouvoir rien fairepour obtenir justice, partit pour Blois , résoluede s’y er. En quittant Paris , elle aurait puavoir un chagrin de plus, si elle eût su que lepeuple lui imputait encore d’étre cause d’une nou-vel le rechute du roi dans sa déplorable maladie.
Le duc de Bourgogne avait mandé ses hommesd’armes, et levait de l’argent soit par emprunt,soit du consentement de ses peuples. Le conseildu roi, voyant qu’on était à sa merci, avait essayéde trouver quelque apparence moins honteuse. Lecomte de Saint-Pol avait été envoyé à Lille pourproposer au duc de Bourgogne de venir exposerses motifs et sa justification, et de livrer les as-sassins qui s’étaient ouvertement réfugiés dansses États; quant a lui, on l’assurait d'une com-plète impunité. Le duc Jean s’offensa d’une telleproposition. 11 répondit qu’il n’avait nul besoinqu’on lui accordât impunité, et qu’il ne livreraitpersonne. Son assurance fut telle qu’il lit partirson chancelier et un de ses secrétaires pour aller,disait-il, expliquer au conseil du roi la vérité surcelte affaire. Le temps pressait, le duc de Ber riet le roi de Sicile lui (iront demander une confé-rence :i Amiens . 11 la leur accorda. Le duc de