I)U SIRE DU LAU (1468).
Tristan l’avait fait noyer ; néanmoins il était enprison dans le château d’Usson, au fond de l’Au vergne . Le roi lui en voulait mortellement, demême qu’à tous ceux de scs serviteurs qui, dansla guerre du bien public, avaient servi de liensecret entre les princes révoltés et la maisond’Anjou. Sa perte, en effet, eut été presque infail-lible si cette pratique eût réussi. Aussi, craignantque le sire du Lau ne parvint à s’échapper, ou nelût pas dans une assez dure prison 1 , il envoya aubâtard de Bourbon, amiral de France et gouver-neur du château d’Usson, le modèle dessiné d’unecage de 1er, pour y faire enfermer le prisonnier.« Si le roi veut traiter ainsi ses prisonniers, ré-« pondit l'amiral, il n’a qu’à les garder lui-même;« alors il en fera, s’il veut, de la chair à pâté. »l)u Lau fut averti du péril qu’il courait. Il donnade fortes sommes aux gentilshommes qui le gar-daient; la dame des Arcinges, femme du capi-taine du château, lui était, disait-on, très-favora-rable. 11 gagna aussi quelques uns des conseillersdu duc de Bourbon, qui avait l’Auvergne dansson apanage, et parvint ainsi à s’échapper. Lors-que le roi l’apprit, il entra dans une furieuse
* Legtantl.