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GUERRE
avait envoyées pour les exciter contre le Duc,les paroles qu’on leur avait rapportées de sa part,les lettres memes revêtues de son sceau et de sonnom qu’on avait pu montrer; et maintenant nonseulement il les abandonnait, mais il se joignaità leur ennemi; il venait aider à ruiner et à sac-cager leur ville ; il ne les protégeait pas mêmecontre la rude vengeance qui les menaçait! Aussison nom était-il en exécration et chargé des plushonteux outrages.
Pourtant leur courage était encore soutenupar le légat que le pape avait envoyé pour média-teur. Ce légat avait conçu l’espoir peu raisonna-ble de se faire évêque de Liège . Il conseilla doncaux habitans de laisser aller messire Louis deBourbon, leur évêque, de faire bonne conte-nance , et de se défendre, afin d’obtenir de bon-nes conditions. Voyant cette première sortie réus-sir si mal, le légat fut saisi de peur et se sauvaau plus vite. Les coureurs de l’armée de Bour gogne le prirent. On vint dire au Duc qu’il étaitentre leurs mains. « Qu’on ne m’en parle pas, ré-« pondit-il, et qu’ils le rançonnent à leur fantai-« sic, ni plus ni moins qu’un riche marchand.« Si je le savais publiquement, il me faudraita bien le faire délivrer par respect pour le saint-