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Tome X.
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I)E LANJOU (1474).

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partir, un de ses plus privés gentilshommes luidéclara laffaire, en le priant de prendre quelquepatience et de ne point tomber en trop grandemélancolie.

Le bon roi René, entendant raconter la pertede son cher pays dAnjou , se trouva dabord unpeu troublé; mais quand il eut repris courage, ildit : « Je noffensai jamais le roi de France , et il« ne me devait point faire un tel tour; mais que« la volonté de Dieu soit faite ! Il ma tout donné« et peut tout môter à son plaisir. Le roi naura« point guerre avec moi pour mon duché dAn-« jou; mon âge de soixante-cinq ans ne convient« plus aux armes, et je nen pourrais plus porter« le travail. Dieu , qui est vrai juge, jugera entre« lui et moi. Dès long-temps jai fait le propos de« vivre le reste de ma vie en paix et repos des-« prit, et je le ferai sil est possible. »

Puis le vieux prince, du moins on le raconteainsi, se remit tranquillement à achever la pein-ture dune belle perdrix grise quil avait com-mencée lorsquon était venu lui annoncer la pertede son duché. Sans tarder, il se mit ensuite enroute pour son comté de Provence , il fut lebienvenu. On était toujours content de ly voir,comme aussi il se montrait content dy revenir.