39
demandaient qu’on procédât en justice avecpromptitude et sévérité, qu’on se saisit de quel-ques uns des plus coupables, et qu’on les con-damnât , cependant avec sursis à l’exécution. Deplus craintifs étaient d’avis qu’on informât d’a-bord sans bruit et secrètement. Enfin le lieute-nant du bailli ordonna qu’on commencerait lesprocédures, et que les bourgeois et gens commisau gouvernement de la ville seraient tenus à prê-ter main-forte à la justice.
Il s’en fallait beaucoup que de telles mesureset précautions fussent suffisantes pour satisfaireet rassurer le roi. 11 ne voulut point voir que cen’était autre chose qu’une rixe excitée par desgens du bas peuple. Son esprit était porté à sup-poser partout des complots. Il crut que quelquesgrands personnages de la ville, peut-être même duroyaume, avaient suscité ce trouble. Pierre deRohan , qu’il venait de faire seigneur de Gié, duBouchage, Yves du Fou, furent envoyés avec destroupes. Des commissaires furent pris dans leParlement et au Châtelet pour aller informer. Ilsavaient ordre de ne s’arrêter à aucune franchiseni immunité, d’arrêter les coupables dans leséglises, de quelque condition qu’ils fussent, éco-liers de l’Université , chanoines, l’archevêque