OC)
NÉGOCIATIONS DU ROI
chrétien était fort déplaisant, que le duc deBourgogne ne voulût point laisser en paix ni enrepos les magnifiques seigneurs des ligues dela Haute et Basse-Allemagne ; que ses bons avis,ses troupes et son argent ne leur manque-raient jamais ; qu’il priait chaque canton d’ac-cepter, en signe de bonne amitié, la sommede deux mille livres par an ; et que le roi avaitdésiré avoir à sa solde de si vaillans hommes,non seulement dans la présente nécessité. maislors meme que les ligues seraient en pleine paix.
Des paroles si flatteuses étaient faites pourplaire aux députés des ligues; toutefois il y enavait qui 11 e se laissaient point séduire et qu’unetelle nouveauté mettait en grande crainte : « Nos« peuples, disaient-ils, sont pauvres et simples;« ils ont jusqu’ici vaillamment défendu leurs pays« sans nulle solde et nul profit. Leur enseigne-« rons-nous à désirer un salaire, et toutes les« délicatesses des gens de France et de Bour-« gogne? Nous mettrons-nous aux gages du roia de France ? Pouvons-nous nous confier en sa« parole ? Chacun dit que ce n’est pas un bon et« sage prince comme son père, qu’il est l’en-« nemi de tous les seigneurs de son royaume,« et surtout des seigneurs de son sang. 11 y en a