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ÉTAT DES AFFAIRES
avait retiré la promesse de donner les domainesdu connétable; néanmoins il la renouvela parlettres du 24 janvier, renonçant ainsi à retireraucun profit de cette condamnation. « Nous avons« partagé le renard, disait-il; monsieur de Bour-« gogne a eu la peau qui était riche, et moi la chair« qui ne valait pas grand’chose. ®
Cependant il n’entendait pas rester oisif tandisque le Duc s’apprêtait ainsi a augmenter sa puis-sance pour la tourner ensuite contre lui. Tout enrefusant de se déclarer ouvertement pour lesSuisses , le dessein du roi était bien de les en-courager et servir par toutes sortes de moyens.C’est ce qu’il avait fait bien souvent. Cette fois iljugea peut-être que la chose était plus grave, etvoulut se mettre en règle, soit pour avoir au be-soin une réponse, si l’on en faisait un sujet degrief, soit pour se faire à lui-même une excuse;car il payait sa conscience comme ses adver-saires, par de pures formalités. Il s’adressa doncà des hommes doctes, sages et pieux, leur posantla question suivante : « Vu les termes que mon-sieur le duc de Bourgogne a tenus et tient enversle roi, dont il ne doit pas être content, ledit sei-gneur peut-il, dès a présent, sans faire autresommation audit seigneur de Bourgogne , ou sans