88 HISTOIRE DU R O Y A U M E
Sect. vil. entierement dérangé : il s’attachoit essentiellement à faire fleurir Tagriculture'lliJL de & le commerce. La disette bannie lui permit de donner une ordonnance,Suede. q U j abroge toutes les restrictions auxquclles les marchands étoient assujétis*os tours pour lâchât & k vente des grains, & accorde une liberté indéfinie de coni-1 merce aux provinces les plus fertiles, telles que la Scanie, le district deLiberté du Scarabourg, la Sudermanie, k Westmanie, l’Upland, la Finlande & la Go-commerce § ur i e modele de la France, Gustave restreignit beaucoup la police
des grains. Elémentaire concernant ces denrées de premiere nécessité. 11 révoqua ladéfense de distiller, à condition qu’on ne pourroit employer h la distillation, flans le cours de saunée, plus de trois cens mille tonnes de grain, dont latUhtion* 1 ' répartition feroit faite entre toutes les villes & provinces du Royaume, pro-portionnément à leur population ; voulant que chaque distillateur s’cngageâtde faire ce commerce pendant quinze ans-, en payant dix dahìers, monnoiede cuivre, par tonneau d’eau-de-vie, lui prohibant de distiller chaque année,plus de mille tonnes de grains ni moins de deux cens. Cette ordonnanceentroit dans d’autres détails. Mais la modicité de la récolte de Tannée sui-vante obligea S. M. de la révoquer, ou du moins de la suspendre.
Divers ré- Tour exciter Tindustrie & favoriser Tagriculture, il ordonna que le filsgUmns. d’un censitaire de la couronne, auroit un droit incontestable de succéder àson pere dans la cenfe, an cas qu’il eût duement satisfait à fes obligations;& à cet effet il n’aura besoin que du consentement du Gouverneur de la pro-vince. II ordonna qu’à i’avenir on ne feroit aucune acception de personnedans la répartition des services, dont jouissent les receveurs des droits royaux,ou autres fermiers de la couronne, mais qu’ils ne pourroient les céder àd’autres. II mit dans les corvées pour Tentretien des chemins, un ordre quisoulagea beaucoup les habitans de la campagne, obligés de travailler à desréparations, souvent éloignées de leurs habitations de plusieurs milles; ilordonna qu’il fût fait une nouvelle répartition de ces corvées, & qu’on as-signât à chaque corvéable, la portion de route la plus proche de son habi-tation. Dans le tems de Tanarchie, le Commerce avoit beaucoup souffertpar les monopoleurs; le Ijrai ordonna qu’on fît les perquisitions les plusexactes contre ces fang-fués publiques, & notamment contre ceux, dont lesmanœuvres tenoient le cours du change à un prix excessif. Les habitansdes provinces les plus septentrionales de la Suede, étoient obligés de tirer àun très haut prix de l’étrauger, les étoffes nécessaires à leurs vêtemens: Guf-M ami fa c- tave établit à Tornéa une manufacture , où Ton, fabriquerait de gros draps,frede Tor- semblables à ceux dont s'habillent les Lappons: & pour encourager la fìla-" a ‘ ture de la laine, il ordonna que ceux qui les premiers formeroient des éta-bliílèmens de ce genre, feraient pourvus d’ustensiles & dédommagés du loyerde leurs maisons, aux frais du gouvernement.
Les Suédois excités par l’exemple d’un si bon maître, bénissent le réta>bliíìement du gouvernement monarchique & s’empreíîènt de concourir à fesvues. Gustave prit sous fa protection en 1775 , la Société Pro Patrìa , àlaquelle il réunit Ja maison des femmes en couche. 11 voulut qu’on inscrivîten lettres d’or, les noms des personnes qui donneraient à cet établissement,dont le but est d’exciter lemulation & de consoler l’humanité pauvre &souffrante, au moins mille dahlers. Le Roi éprouva bientôt que la vertu
trou-