DE SUEDE, Lxv. XXXI. Sect. VII. 89
trouve sa récompense en elle-même. Deux particuliers qui cachèrent soigneu- Hìjì. dc-soment leurs noms, envoyerent aussitôt l’un , mille, & 1 autre, deux mille Suede.dahlers. Nous ne rapporterons pas tous les encouragemens que Gustave III I < 718 ' àa prodigués depuis la révolution, au commerce & à l'indultrie; nous nous nos ]0urs 'Bornons à un petit nombre. II le proposa de fonder quatre grandes villes Traits ‘ude commerce dans la Finlande, fur les terres appartenant immédiatement à Mmfaijcm*Ja couronne.: il promit à ceux qui viendraient les habiter, une exemption ce ‘de toutes imposition & charges pendant vingt ans, avec permission d’exercer p^datiòntel commerce & métier qu’ils voudraient, fans être tenus de se conformer à dc viUes.aucun statut ou règlement de commerce ni de maîtrise.
Le college de commerce de Stockholm écrivit aux ministres & consulsSuédois dans les pays étrangers, d’envoyer chaque année des listes exactesde tous les Suédois qui ont adopté une autre patrie & qui s’y font établisen qualité de négocians, artistes & autres ; de rechercher les causes de leurémigration, & de les engager à revenir dans leur pays. Les encouragemensde toute efpece que le Roi leur offre font bien propres à les rappeller: il aordonné l’érection d’un monument public, à la mémoire de Gustave Croll , Mommerttqui, de simple garçon tanneur, étoit parvenu, par son travail & son appli- e J l f, é ? 1 f,l ~cation, à une très grande fortune. II étoit devenu le plus riche marchand J n '
de cuir du royaume, & avoit laifle une succession de cinq cens mille dah-lers, monnoye d’argent : il avoit fondé quatre prix de cinquante écus cha-cun, en faveur des artisans qui excellent dans leurs professions: le Roi aaugmenté ces prix du double. Tous ces encouragemens portèrent l’énergie &la force dans toutes les branches du commerce.: en moins d’un an l’expor-tation de fer avoit doublé : le prix de la poix & du goudron étoit augmentéde moitié ; celui de toutes les productions du pays l’étoit aussi dans la mê-me proportion.
Le luxe, fur lequel on a tant écrit, est ruineux dans certaines circonstances, Loixfimp-& néceílàire dans d’autres; il faut quelquefois le réprimer & non pas le dé- tua *res*truste. Le Roi crut devoir lui prescrire des bornes. 11 publia des loix fomp-tuaires, plus favorables aux progrès de l’induslrie, que gênantes pour les ci-toyens: (i) ìl ordonna que l'babillement national restât toujours le même:il défendit en général de porter du galon d’or ou d’argent, à l’exception desmilitaires, qui pourraient en porter, assortis h leurs uniformes. II prohiba leshabits de draps fins fabriqués chez l’étranger, à toutes personnes fans excep-tion de rang & de dignité. II voulut qu’on n’ufât que de draps provenantdes manufactures Suédoises.
La bienfaisance des Rois est inséparable de la justice : dans Gustave qui
(1) L’ordonnance fomptuaire arrétée en 1766, étoit ruineuse pour le commerce & lesmanufactures. Elle défendoit Ventrée &Tufage du cassé, du chocolat, de l’arrak, du punch,de toutes liqueurs & eaux de senteur étrangères , des vins, excepté de France. Elle défendoittout dessert, excepté les fruits du pays; l’usage du tabac avant l’âge de 2i ans, le permet-toit au.dessus de cet âge en payant un dahler par année: ordonnoit que les garnitures desrobes des femmes fussent de la tnâme étoffe que la robe; leur interdisoit les dentelles audeílus d’un pouce de large ; interdisoit aux hommes les habits de velours, de foie, les den-telles; an peuple des manchettes: prohibant les meubles de foie, carrosses, coureurs., hey-duques, coëffeuvs, ,& c .
Tome XLIII.
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