DE SUEDE, Liv. XXXI. Sect. VII.
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possible, de la nécessité d’entretenir le militaire sur un pied respectable: il en mst . derésultera un autre bien. Ce qu’on appelle la milice en France, enleve brus- Suede.quement les cultivateurs h la terre, & les enfans à leurs familles: par For- I “ 1 ?' àdonnance de Gustave, cette séparation est préparée de loin ; le cultivateur 110S l° ure *devient soldat peu h peu, se forme au íein de ses lares, presque sens s’en ap-perccvoir, & quitte avec moins de regret ses travaux champêtres, pour destravaux avec lesquels il s’est familiarisé. Les fortifications avoient été très Rétablisse.négligées pendant le gouvernement aristocratique; le Roi songea, dès qu’il ■ desfut le maître, à les réparer: mais ces réparations exigerent des sommes & destravaux immenses. Le devis du Général Sparre envoyé fur les lieux, faitmonter les réparations d’une de ces forteresses de six h sept tonnes d’or, fansy comprendre les matériaux qui doivent être fournis par la province, & deuxcens pieces de canon. Quant aux fusils, les arsenaux en étoient presqu’en-tierement dépourvus. La Marine avoit beaucoup souffert depuis la révolution: Ordonnait-Gustave s’appliquoit à la rétablir ; il avoit fait divers réglemens, & il est ces pourparvenu à la mettre fur un aussi bon pied que ses troupes de terre. En 1775 àtms.il publia une ordonnance, par laquelle il fut défendu fous des peines rigou-reuses , aux directeurs & inspecteurs des chantiers du Royaume, de construi-re aucun vaisièau de guerre ou autre bâtiment, pour le compte des nationsétrangères. S. M. fit abattre quantité de bois de construction dans la Pomé-ranie, & le fit transporter à Stockholm ; de forte que bientôt on put s’y pas-ser de Fétranger, d’où l’on le droit auparavant. On perfectionna par sessoins, la maniéré de construire : le College de Commerce a publié une or-donnance , qui réglé la police & la perception des droits du port francde Marslrand.
Mais le gouvernement le plus solide en apparence, est toujours près de àâ' defa ruine, lorsque Finstruction publique est entierement négligée, parce que l'ìnjiruBìonFignorance ramenant la barbarie, les abus & les préjugés, les peuples inca- publque.pables de faire usage de leur raison & de juger sainement de leurs véritablesintérêts, abjurent le joug des loix, se précipitent dans Fanarchie, deviennentles instrumens de Fambitiondes grands & invitent le Souverain au Despotisme.
Gustave III trouva les provinces septentrionales de son Royaume plongéesdans Fignorance la plus profonde : il remit une partie des impositions pour yétablir des écoles publiques: il y envoya des sujets propres à répandre la lu-mière , ou plutôt la connoiíïïmce des premiers principes. Comme dans presque Réforme dutous les Etats, Finstruction est principalement dans les mains du Clergé, & Clergé,que c’est autant fur son exemple que fur ses préceptes, que le peuple régléses mœurs, le Roi porta la plus grande attention à cet objet. U trouva leclergé de Suede composé de sujets fans talens, sens mœurs & sens autre vo-cation que le désir d’obtenir des bénéfices. Pour rétablir cet ordre, il renou-vella les anciennes ordonnances & voulut qu’on n’admît aux fonctions du sa-cerdoce, que des sujets d’une naiíîànce honnête, dont les mœurs, les talens& les connoisiànces éuílènt été soumis à l’examen le plus rigoureux.
Pour donner au peuple une réglé invariable de foi, il forma une commis- XraduSimfion des hommes les plus lavans de la Suede, & leur propose une nouvelle de la Bible.traduction de la Bible, dans laquelle il les engagea de corriger des fautes
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