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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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Sect. VII.fíijt. deSuede.1718- à110s jours.

92 HISTOIRE DU R O Y A U M E, &c.

de la Vulgate, (i) Plufieurs savans de léglife Catholique conviennent aílèztcommunément , que cette traduction a quelquefois mal rendu le véritable-sensdu texte; & que le traducteur, entre deux significations du même mot,ou Hébreu, ou Grec, a pris la plus étrangère au sens; ce qui rend la phra-se inintelligible, ou présente un sens tout différent de loriginal. Les incré-dules nont pas manqué de tirer parti de ces méprises, pour décrier le texte-sacré. Cependant on sobstine à ne pas corriger ces fautes. Par exemple,le miracle des poux imité par les Magiciens de Pharaon, dans lExode,prêtoit à rire aux détracteurs de PEcricure Sainte, aux dépens des Juifs: lessavans Suédois ont découvert par la comparaison du texte avec la versiondes Septante & les autres, que le texte fìgnisioit cousin , moucheron, aulieu de pou. Le Roi a fait plus, en attendant quil puisse envoyer en Fin-lande , des personnes éclairées pour instruire les peuples , il a permis h plu-sieurs villages, dêtr-e eux-mêmes leurs pasteurs, comme dans les premierssiécles du Christianisme.

Nous terminons ici Phistoire de Suede, quf prend une face nouvelle r .fous un Roi juste & bienfaisant, ami des arts & de la paix, occupé du bon-heur de ses sujets, travaillant fans ceílè à se concilier leur amour; (2) IIna point encore paru aspirer à la gloire acquise au prix du sang & de la mi-sère des peuples ; mais le courage avec lequel il a renversé les bornes quiresserraient son pouvoir, lintrépidité avec laquelle il a brisé íe sceptre dudespotisme, les soins quil a pris jusques ici pour rétablir le militaire & lamarine, les progrès quils ont faits Pun & Iautre, depuis quil est véritable-ment Roi; tout annonce que Gustave III réunit les vertus héroïques deGustave-Adolphe & de Charles XII, & les vertus pacifiques des Antonins.

(1) Nous nèn citerons que cieux. M. le Franc de Pòmpignan, un de nos plus grandsLittérateurs & de nos meilleurs Poe tes, malheureusement découragé par les satyres Injustesde Voltaire, & plus malheureusement célébré par les Frerons & les Sabatiers, a fait uneétude approfondie des langues savantes. II a découvert dans le texte .des livres, sacrés, desbeautés qui ont disparu dans la Vulgate. En voici une. La Vulgate dit fumam'pennas di-luculo : je prendrai des ailes au point du jour: expreffion obscure & qui ne dit rien.M. L. F. de P. sest convaincu, en comparant le texte avec les versions, quil. falloit tra-duire diluculi: Je prendrai les ailes de l'aurore.. Quelle image sublime noffre pas le chan-gement dune feule lettre! M. f Abb é Contant de la Mollette, très versé dans les languesHébraïque, Syriaque, Grecque, Arabe &c, travaille actuellement avec fruit fur cette ma-tière; il a corrigé quantité de passages qui offroient un sens, ou louche, ou inintelligible,ou souvent contraire au véritable : il sest assuré que Jephté na point immolé fa fille, queSamson na point.attaché des brandons de paille à la queue dune légion de renards, pourbrûler les moissons des Philistins, &c. Heureux! sil se fut borné dans ce quil a publié deson ouvrage, à une critique honnête de Voltaire ; mais il la rempli dinjures groffieres con-tre ce grand homme &, qui pis est, de longues tirades de vers insipides & pitoyables. IInest pas extraordinaire de voir le zele dégénérer en fureur.;, mais il est rare quil précipiteun savant dans cet excès de ridicule. La Religion nexigea jamais un si grand sacrifice.

(2) Les premiers jours de son régné furent marqués par des bienfaits. Ce Prince partitde Paris, dés quil eut appris la mort du Roi, son pere. II fut quon faisoit de grands pré-paratifs à Stralsund & à Wismar pour le recevoir; il fit tout suspendre & ne voulut pasquon ttt aucune dépense. Ces villes, avec son agrément, verferent les-sommes destinéesà ces fêtes dans le sein des familles indigentes. II supprima à Stockholm le théâtre françois,& voulut que les pauvres profitassent de ce que coútoit lentretien de ce spectacle. II an-îtonça quil donneroit audience trois fois la semaine & tous ceux qui- ont des besoins à IftLexposer ou des grâces à lui demander furent admis.

Fin de f Histoire de Suede ...