Sect. VII.fíijt. deSuede.1718- à110s jours.
92 HISTOIRE DU R O Y A U M E, &c.
de la Vulgate, (i) Plufieurs savans de l’églife Catholique conviennent aílèztcommunément , que cette traduction a quelquefois mal rendu le véritable-sensdu texte; & que le traducteur, entre deux significations du même mot,ou Hébreu, ou Grec, a pris la plus étrangère au sens; ce qui rend la phra-se inintelligible, ou présente un sens tout différent de l’original. Les incré-dules n’ont pas manqué de tirer parti de ces méprises, pour décrier le texte-sacré. Cependant on s’obstine à ne pas corriger ces fautes. Par exemple,le miracle des poux imité par les Magiciens de Pharaon, dans l’Exode,prêtoit à rire aux détracteurs de PEcricure Sainte, aux dépens des Juifs: lessavans Suédois ont découvert par la comparaison du texte avec la versiondes Septante & les autres, que le texte fìgnisioit cousin , moucheron, aulieu de pou. Le Roi a fait plus, en attendant qu’il puisse envoyer en Fin-lande , des personnes éclairées pour instruire les peuples , il a permis h plu-sieurs villages, d’êtr-e eux-mêmes leurs pasteurs, comme dans les premierssiécles du Christianisme.
Nous terminons ici Phistoire de là Suede, quf prend une face nouvelle r .fous un Roi juste & bienfaisant, ami des arts & de la paix, occupé du bon-heur de ses sujets, travaillant fans ceílè à se concilier leur amour; (2) IIn’a point encore paru aspirer à la gloire acquise au prix du sang & de la mi-sère des peuples ; mais le courage avec lequel il a renversé les bornes quiresserraient son pouvoir, l’intrépidité avec laquelle il a brisé íe sceptre dudespotisme, les soins qu’il a pris jusques ici pour rétablir le militaire & lamarine, les progrès qu’ils ont faits Pun & Iautre, depuis qu’il est véritable-ment Roi; tout annonce que Gustave III réunit les vertus héroïques deGustave-Adolphe & de Charles XII, & les vertus pacifiques des Antonins.
(1) Nous n’èn citerons que cieux. M. le Franc de Pòmpignan, un de nos plus grandsLittérateurs & de nos meilleurs Poe tes, malheureusement découragé par les satyres Injustesde Voltaire, & plus malheureusement célébré par les Frerons & les Sabatiers, a fait uneétude approfondie des langues savantes. II a découvert dans le texte .des livres, sacrés, desbeautés qui ont disparu dans la Vulgate. En voici une. La Vulgate dit fumam'pennas di-luculo : „ je prendrai des ailes au point du jour:” expreffion obscure & qui ne dit rien.M. L. F. de P. s’est convaincu, en comparant le texte avec les versions, qu’il. falloit tra-duire diluculi: Je prendrai les ailes de l'aurore.. Quelle image sublime n’offre pas le chan-gement d’une feule lettre! M. f Abb é Contant de la Mollette, très versé dans les languesHébraïque, Syriaque, Grecque, Arabe &c, travaille actuellement avec fruit fur cette ma-tière; il a corrigé quantité de passages qui offroient un sens, ou louche, ou inintelligible,ou souvent contraire au véritable : il s’est assuré que Jephté n’a point immolé fa fille, queSamson n’a point.attaché des brandons de paille à la queue d’une légion de renards, pourbrûler les moissons des Philistins, &c. Heureux! s’il se fut borné dans ce qu’il a publié deson ouvrage, à une critique honnête de Voltaire ; mais il l’a rempli d’injures groffieres con-tre ce grand homme &, qui pis est, de longues tirades de vers insipides & pitoyables. IIn’est pas extraordinaire de voir le zele dégénérer en fureur.;, mais il est rare qu’il précipiteun savant dans cet excès de ridicule. La Religion n’exigea jamais un si grand sacrifice.
(2) Les premiers jours de son régné furent marqués par des bienfaits. Ce Prince partitde Paris, dés qu’il eut appris la mort du Roi, son pere. II fut qu’on faisoit de grands pré-paratifs à Stralsund & à Wismar pour le recevoir; il fit tout suspendre & ne voulut pasqu’on ttt aucune dépense. Ces villes, avec son agrément, verferent les-sommes destinéesà ces fêtes dans le sein des familles indigentes. II supprima à Stockholm le théâtre françois,& voulut que les pauvres profitassent de ce que coútoit l’entretien de ce spectacle. II an-îtonça qu’il donneroit audience trois fois la semaine & tous ceux qui- ont des besoins à IftLexposer ou des grâces à lui demander furent admis.
Fin de f Histoire de Suede ...