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DE DAN.NEMARCK, &c. Liv. XXXII. Sect. II. 117
sonne & la vie; ses courtisans l’excitoient à s’en délivrer. Hamleth para le mji. an -coup en contrefaisant l’insensé ; quelque piege qu’on lui tendît, pour voir si cienne dusa folie étoit feinte ou véritable, il soutint son rôle jusqu’au bout, & fut Dam lf'aísez sage pour paroître toujours extravagant. Feggon l’envoya en Angle- marc wterre, pour l’y faire périr; mais il échappa encore à ce danger, & fit retom-ber fur la tête des ministres de la cruauté de Feggon, les coups qui luiétoient destinés. Hamleth revint dans fa patrie, égorgea Feggon au sortird’un repas, où il s’étoit enivré jusqu’à perdre l’usage de ses sens, & mit lefeu au palais. Alors il,apprit à la nation, que fa folie apparenten’étoit qu’uneruse pour tromper le tyran. II fut proclamé Roi du Juthland, car le Dan-nemarck avôit encore plusieurs Rois; & Wigleth, l’un de ces Princes, netarda pas à déclarer la guerre au nouveau Souverain. 11 s’étoit, ainsi que lesautres gouverneurs, enrichi par la piraterie; & c’étoit fur ses richeílès qu’é-toit fondée son indépendance : il avoit même eu Paudace d’exiger que sélec-tion des Rois de Juthland fût confirmée par son consentement. Hamleth ne Fiené ^devoit sa couronne, qu’à sa sagesse, à son courage & à 1 amour de ses su- Hamitth;jets ; il méprisa le suffrage d’un usurpateur, & ne voulut point tenir son elle lui eíisceptre de lui. Wigleth irrité entre dans le, Juthland septentrional, le fer s me fl e ‘
& la flamme à la main, pillant, saccageant, détruisant les villes & les villa-ges. Hamleth perdit alors cette noble fierté, dont il avoit fait parade: ils’abaiflà jusqu’à la priere. Wigleth fut inflexible. Hamleth tenta de le vain-cre , n’ayant pu l’appaiser : ses armes le servirent mieux que ses prières.
Wigleth fut vaincu & repoussé hors des limites du Juthland. Mais celui-cine renonça point à l’espoir d’accabler Hamleth : il reparut à la tête d’une ar-mée plus nombreuse que la premicre : Hamleth, plein de la confiance quelui inspirait sa premiere victoire, marcha contre lui, fut vaincu & périt lalance à la main. Le champ qu’il illustra par sa défaite, s’appella Hamleths-hede , c’est-à-dire, Sépulture de Hamleth. On prétend que Wigleth relevales ruines de la ville de Wibourg, la plus ancienne du Juthland (1). Son'triomphe le rendit si redoutable, qu’il subjugua tous les autres gouvememensérigés en royaumes, & qu!il réunit fur fa tête tous les démembremens de laMonarchie Danoise.
, Wennund son fils lui succéda, après que le trône avoit été longtems pos- 353 _fédé ou usurpé par un Prince nommé Guitlach, dont on ne trouve rien de JvamJ.c,remarquable. Wermund étoit un Prince pacifique, qui honorait l’humanitépar sa bienfaisance, tandis que tant de prétendus héros la dégradoient parleur cruauté. Forcé à prendre les armes pour repouílèr les Suédois, il entriompha: mais il devint aveugle, & le Duc des Saxons crut, à la faveurde cette infirmité, pouvoir s’emparer du trône de Dannemarck. Uffon, fils ija- on ^du Roi, n’avoit donné jusqu’alors aucune preuve de raison, ni de courage: t rompe ceuxson caractère apathique & taciturne avoit fait croire qu’il étoit lâche & in- qui lesensé. Le Duc de Saxe fit proposer un duel encre son fils & ce Prince ; cecombat devoit décider à qui appartiendrait la Couronne de Dannemarck; leDuc menaçoit de mettre tout à feu & à sang, fi fa proposition étoit rejettée.
Uffon , étoit présent à l’audience, où les Ambassadeurs Saxons vinrent faire
CO 01» Wormius moiium. Dan.
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