Sect. II.Hiji. an-cienne duDanne-ffiarck.
'292,
Avant J.C.
Fafls deDan.
262.
AvantJ. C.
Régné p ci.fible de
Rlugleth.
Avant j. C.
Duel deFr ot Aon4e Roger.
173 .
AvantJ. C.
1 ï 8 HISTOIRE DU ROYAUME
cette démarche, inouïe de nos jours, mais très commune alors: il sortieaussitôt de fa léthargie, & prenant le ton & l’air d’un Héros: „ allez dire à„ votre maître, répondit-il, que fi Wermund est aveugle, il a un fils, ap-„ pui de fa vieillesse & digne de lui succéder. Non-seulement je combattrai„ contre le fils de votre Souverain, mais contre tel second qu’il lui plaîra„ de choisir.” Ce fut dans une iíle formée par deux bras du fleuve Eider,que les trois champions se rendirent, en présence des deux armées Saxonne& Danoise. Les deux Saxons furent vaincus, & leur nation redevint tribu-taire. Uffon succéda à son pere & prit le nom d’Olaus : on ignore les éve-il emens de son régné; mais le surnom de débonnaire qu’on lui donna, attestequ’il étoit digne du trône par ses bienfaits, comme il avoit paru le mériterpar fa bravoure.
Dan II, son fils, n’illustra pas moins le trône par ses triomphes ; il répri-ma les nouvelles révoltes des Saxons, recula les bornes de ses Etats, & futle fléau de ses voisins; il fut aussi celui de ses sujets: c’étoit le Sardanapale duNord: son faste engloutissoit & les dépouilles des ennemis, & les subsidesque payoit la nation. Le prix du courage des guerriers étoit prodigué à deviles courtifannes : de lâches flatteurs dévoroient la subsistance du pauvre.Ce Prince voulut ensevelir son luxe avec lui, & descendre avec pompe chezles morts: jufques-là les Danois avoient brûlé les corps de leurs Princes &recueilloient leurs cendres dans des urnes. Dan voulut être enterré dans unemontagne, avec les marques de fa Royauté, ses armes, ses trésors, & sesmeubles les plus précieux. Ce fut avec plaisir, que la nation cacha dans lesein de la terre toutes ces richesses, afin qu’il ne restât rien, qui lui rappel-lât le souvenir d’un Prince odieux.
Après le régné d’un dissipateur, on avoit besoin d’un Prince économe.Hugleth le fut: il montra à la nation ses ressources, excita son industrie, &lui persuada qu’il valoit mieux équiper des vaisseaux pour échanger les pro-duétions d’un pays contre celles d’un autre, que de les armer, pour allerrougir la mer de son sang & donner une proie abondante aux monstres quil’habitent. Les Danois commenceront à aimer l’agriculture, les arts utiles,le commerce; goût heureux, qui s’évanouit avec le Prince qui l’avoit faitnaître. Hugleth n’avoit point négligé l’art de la guerre ; il ne prit les armesque par nécessité, s’en servit avec gloire, & triompha des Suédois.
Frothon II, son successeur, étoit un spadassin, qui n’eut besoin que deson épée pour conquérir des Etats:il aborda en Norvege, invita tous les bra-ves du pays à venir se mesurer contre lui ; il en tua dix ; mais il en restoitun plus redoutable, c’étoit le Roi Roger lui-même. Le cartel fut envoyéavec toute la solemnité que méritoit un combat, qui allois décider de lacouronne. On prétend que Frothon, effrayé de la réputation que Roger s’é-toit acquise dans l’arêne, usa de stratagème pour en triompher : les armes duDanois étincelloient d’or & de pierreries ; il s’apperçut qu’elles charmoientles yeux de son adversaire: il les lui offrit. Roger, trop généreux pour sedéfier des dons d’un ennemi, donna dans le piege. Frothon, qui connoissoitle foible de ses armes, le terrassa, & fut à l’instant proclamé Roi de Norve-ge. Le reste de fa vie fut consacré à rendre heureux les Etats qu’il avoitconquis, & ceux dont il avoit hérité. II laissa une vaste puissance à Dan III,