DE DANNEMARCK, &c. Lzv. XXXII. Sect. II.
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que Frothon avoit été tué. Quand bien même on auroit pu persuader à la mjl. an -nation que le coup n’étoit pas mortel, & que Frothon avoir recouvré la cienne dulanté, ceux qui avoient quelque droit à la couronne, auroient-ils voulu être Dann s'complices de cette feinte? marc ' _
Fridlef II étoit alors en Russie; il étoit allé chercher de la gloire; on An 19 decroyoit qu’il y avoit trouvé la mort. On délibérois fur le choix d’un Souve- l’ère M-rain ; la mémoire de Frothon étoit si chere aux Danois, qu’ils promirent la àîcouronne au poëte, qui célébreroit le mieux les exploits de ce héros. C’é- ns a e ji U ps g l ~toit la premiere fois qu’un trône étoit le prix d’une ode. (1) Tous les poë- mise autes chantèrent à l’envi, la défaite des Vandales, la conquête de la Norvege, 3 “*
•l’Angle terre tributaire, l’Irlande ravagée, les Huns vaincus. Hiarn l’emportafur ses rivaux: mais sart des vers n’a rien de commun avec ceux de gouver- exploits dener & de combattre: Fridlef fut bientôt informé de la mort de son parent ou Frothon .son pere, & du successeur qu’on lui avoit donné: il démentit h la tête d’unearmée le faux bruit de fa mort. Hiarn fçavoit chanter des batailles ; mais ilne fçavoit pas en gagner: la fortune ne lui offrit que des sujets d’élégies; troisfois il fut vaincu par Fridlef. Jufques-là on pouvoit estimer son courage, &plaindre son infortune: mais, dès que Fridlef fut furie trône, Hiarn fe dé-guisa & vint à fa cour, résolu d’aflassiner le successeur du Héros qu’il avoitcélébré ; il fut découvert. „ Quel étoit ton dessein ? ” lui dit Fridlef. „ De t' arra-cher la vies' répondit le poëte. ,, Quelle mort me réservois-tu ? ” répliquale Roi. Hiarn étoit loin d’avouer le projet d’un assassinat. „ fétois venu, dit- Combat„ il, pour t 1 appeller en duel. ” Son déguisement prouvoit le contraire. Frid- singulierles ne daigna pas faire cette réflexion; il accepta le cartel: le poëte expira Çf
fous les coups du guerrier, assez généreux, pour faire rendre les derniers //, rme ^honneurs à son rival; il fut enterré dans une isle, fur la côte du Juthlandseptentrional, où il setoit retiré après fa seconde défaite. Cette iíle sut ap-pellée Hiarnoa. Fridlef fit la guerre aux Norvégiens, dont le Roi lui avoitrefusé fa fille : la guerre s’allumoit presque toujours au flambeau de l'amour:plus d’une Hélene mit le Nord en feu: des provinces furent ravagées, desvilles livrées aux flammes pour deux beaux yeux ; & le • genre humain futplus d’une fois presque détruit dans ces climats, par le même penchant que, 1 a nature nous a donné pour le reproduire. Fridlef passii le reste de ses joursdans une paix profonde: il fut moins admiré, mais plus aimé que.son pré-décesseur.
FrothonIV, son fils, obtint le surnom de libéral, parce qu’il doubla la soldedes troupes: il n’avoit que douze ans, lorfqu’il monca fur le trône. Les Saxonsméprisèrent fa jeunesse & secouèrent son joug: il marcha contre eux, suivide généraux habiles & de braves soldats. La Saxe fut conquise de nouveau.
Un avanturier, qu’on croyoit fils d’un géant, Livonieu d’origine, vint luioffrir ses services: c’étoit un de ces hommes ambitieux, qui ne connoiíìèntpoint de milieu entre une haute fortune ou la mort. Frothon l’interrogea, re-connut en lui des talens décidés pour la guerre, surtout pour les expéditionsmaritimes: il lui donna le commandement de ses flottes; elles eurent bientôtl’empire des mers du Nord, & le pavillon Danois suc respecté de toutes les
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.CO S“ xo Grain. — Pontanus. — Meursius.