OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXlíI. Sect. I. L29
„ Rhin, dit Pline, est Piste très noble des Bataves. " Mais tous varient fus Hi[t. de-í’étendue & les limites ; ce qui a donné lieu à de longues & pénibles dislèr- Hollande,tations, qui ont jette peu de jour fur ces matières. II est très difficile de R e s cr ri'concilier les descriptions qu on en trouve dans les auteurs de l’antiquité, & tlonplus difficile encore de les appliquer aux lieux actuellement existans. Leschangemens successifs des lits du Rhin, d u Vahal & de la Meuse; les dé- Change-bouquemens & les acterrissemens ont occasionné cette difficulté. Au teinsde Tacite, l’isle avoit éprouvé bien des changemens depuis César. Aux litsnaturels, les Romains en avoient ajouté d’artisiciels ; tels étoient le canal deDrusus, la coupure faite par Civilis à la digue que ce même Drusus avoitélevée pour mettre à couvert la rive gauche de son canal ; telle est la Postede Corbulon. (1) Tout ce qu’on peut conclure de ces divers pasiages, est Lits duque le Rhin formoit quatre lits; que la pointe de Lobeck le divifoit en deux à»'bras, dont le gauche étoit le Vahal, tandis que le droit confervoit son nom,
& pasiòit h Batavodurum , où il se séparait encore & formoit deux bras,dont P un étoit le Leck; Pautre conservant toujours le nom de Rhin, descen-doit h Utrecht & se divifoit encore en deux parties, dont la plus considéra-ble passoit à Leyde. C’est celle qui se perd aujourd’hui dans les sables. A Canal deces quatre lits, Drusus chargé de la guerre Germanique, en ajouta un cin- Drusus.quieme, en .creusant un canal de communication avec PYslèl. 11 éleva unedigue qui commençoit à Batavodurum , pour couvrir la rive gauche, quise trouvant plus bastè que la droite, occalionnoit des débordemens du côtédes Gaules. Ces travaux interrompus par la mort de ce Prince , furentrepris fous l’Empire de Néron, par Paulinus Pompeïus, qui continuant leslevées jusques à Catwyck, mit le côté des Gaules à couvert des inonda-tions. (2).
Le Leck, qui fort du Rhin près de Cuilembourg, & fe rend dans laMeuse près de l’on embouchure, est encore un ouvrage des Romains. Clau-dius Civilis, après la victoire que Vespasien remporta sur Vitellius, ayantété battu par Çerialis, q.ue Vespasien avoit envoyé dans les Gaules, fe réfu-gia dans Piste des Bataves : pour arrêter le vainqueur, il fit percer une di-gue , & les eaux du Rhin sonnèrent le Leck, qui coupe Piste par le mi-lieu. (3) On croit que ce canal avoit été creusé par Corbulon & que Ci- Canal devilis ne sit que le déboucher, (q) Le petit YÍIèl est tout moderne, & n q Corbulon»remonte qu’au milieu du XIII e . íìecle : il fe forma des saignées du Rhin &des canaux, que creusèrent les habitans d’Utrecht, effrayés de la fréquencedes inondations. Cette même crainte a fait en divers teins ouvrir tant decanaux, que le Rhin épuisé devint un foible ruiíïêau, qui se perd dans lessables amoncelés 'a son embouchure.
L’ifle que forme le Rhin en approchant de la mer, est Pancienne iste des Isle duBataves. Elle comprenoit la Veluwe, Piste de Bommel, le pays d’Utrecht, Rhin.une partie de la Gueldre & la Hollande, jusques à Leyde. Son terrain étoit,^ ^
comme aujourd’hui, bas, marécageux & presque toujours inondé. (5} Les^j^ a ‘
(1) Tacit. Ann. L. XI. c. 20. (2) Pont. Heuter. Cluv. veter. Gall. defeript. L. 1.
(3) Tacit. hist. Lib. V. c. 19. (4) Hist. Générale des Prov. Unies T. L Tacit.
bill. L. V. c. 19, 20. (5) Pont. fient. vet. Gall. defeript.
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