OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. II. 29A
rains leur abandonnèrent. Tout favorifoit Fambition des Maires. De jeune?Princes insoucians, étoient remplacés par des enfans. Sigebert mort à lugede 21 ans, laissa pour lui succéder Dagobert âgé de sept. (1) Deux ansaprès, Grimoald le fit tondre & l’envoya secrètement dans un monastèrefort éloigné. II fit courir le bruit de sa mort, & en vertu d’un prétendutestament de Sigebert, qui adoptoit Childeberc, íìls de Grimoald, il le fit mon-ter fur le trône. Les Auítrasiens révoltés de cette perfidie, se saisirent dupere & du fils & les menerent à Clovis, qui les condamna h une prison per-pétuelle. Clovis II régna seul ; mais il mourut quelques mois après. Detrois Princes qu’il laiílà, il n’y eut que Clotaire Faîné qui sut proclamé. LesAustraliens qui vouloient avoir un Roi, élurent Chilperic: Clotaire étantmort, Ebrouin, Maire du palais de Neustrie, éleva Thierry au trône. Alorsle Maire se livra à son orgueil & à son avidité. Les Seigneurs livrés audésespoir enlevèrent le Prince & son Ministre, confinèrent ì’un à St. Denis& l’autre à Luxeuil. On donna à Ebrouin, Wulfrade pour successeur, &Childeric régna seul. Ce Prince sut afîaífiné par Bodillon, qu’il avoir faitbattre de verges, & comme il s’écoit rendu odieux à la nation, l'on palaisfut pillé ; on massacra la Reine qui étoit grofiè & un jeune prince. (2)
Ces évenemens furent suivis d’un interrègne de quelques mois, pendantlequel Ebrouin sortit de sa prison, & régna sous le nom d’un faux Clovis,qu’il prétendoìt être fils de Clotaire, mais qu’il sacrifia ensuite dans un ac-commodement qu’il 6t avec Ludcric, Maire de Thierry, remis fur le trônepar les Ncustriens, il ravagea la Neustrie & la Bourgogne. Cet accommo-dement fut un moyen pour Ebrouin de faire assassiner son concurrent, (z)Cependant on fut que Dagobert n’étoit point mort: l’Evéque d’York l’ayantdécouvert dans un monastère d’írlandc, le renvoya en France. Ses sujetsle rétablirent fur le trône (4) d’Austraíie : il mourut sept ans après & futassassiné par des émissaires d’Ebrouin. Ce crime ne lui servit de rien. Dago-bert avoit remplacé Wulfrade par Pépin de Heristai & par Martin, neveu deGrimoald, qui du consentement de la nation prirent le titre de Princes &Ducs d’Austrasie. Pépin jouissoit du Brabant, de la Lorraine & de plusieursautres terres dans les Pays-bas. (5) Ebrouin leur déclara Ja guerre & lesvainquit: Martin se réfugia à Laon, ville qui alors étoit regardée commeimprenable. Ebrouin lit parler d’accommodement par deux Évêques: Mar-tin eut la bonne foi de fe rendre au camp d’Ebrouin, qui le fit assrffiner.Enfin Hermansroi , que ce monstre avoit dépouillé de tous lès biens , cndélivra la France. (6) D’autres disent qu’il fut tué dans une bataille quePépin lui livra;que Burchard Grand-foresticr ayant été pris dans cette batail-le , 1a Flandre resta finis Gouverneur jusques à Lidéric de Harlebet ; (7) quela Frise citérieure resta à Pépin & que Radbod fut repoussé de l’autre côtédu Rhin.
Ce sut alors que Pépin fit prêcher FEvangile chez les Frisons. On peutvoir ce que nous avons dit des missions de Willebrod & de Boniface. (8)
(1) Ap. Duchefne vit. Sigob. Reg. T. i. (2) Cont. Frecl, L. 1. c. 93 & 95.(3) Duchefne in vit. Leodeg. c. 12. (4) Elard de reb. Fris. Orient. T. 1. (3) Krantz.
Ann. Fris. L. ílí. c. 9. (6) Mez. Abr, Chr. de s Mi st. de Fr. T. 1. (7) Cont, Chr.
Fredeg. c. 47. Ann. IVIetens, ad ann. 690. (8) Supr. pag. 249.
r m. an c.àe Hol-lande.
Ebrouin,
6 55 .
637 .
Sa mon.
Pépin maî-tre de laFrise .