OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. II. 301
armes Tannée suivante & les Frisons firent de nouveaux efforts; Charles lesvainquit encore. Enfin les Saxons se mirent à la merci du vainqueur. II•écouta la clémence & prit le parti de la négociation. II rendoit justice à lavaleur & aux vertus de Wûikind; il connoiíFoit Tascendant que ce Princeavoit sur les Danois, les Saxons & les Frisons. II lui fit proposer la paix &son amitié: à cette condition il promit de faire grâce aux vaincus; & com-me il vouloit traiter personnellement avec lui, il lui envoya le premier desôtages. Witikind vint le trouver au château d’Attigny; Charles alla au de-vant de lui, Taccabla de caresses, convint de la paix, lui persuada de sefaire baptiser, & voulut être son parrain. (1) H lui donna le Duché d’An-grie. Pour prévenir les révoltes, il établit un tribunal sévere, une especed’inquisition & transporta dix mille familles Saxonnes dans la Belgique , enFrance & en Italie. Celles qui pestèrent en Flandre , furent d’un grand se-cours à Lideric, pour ouvrir de larges routes à travers les bois & les marais,pour bâtir des forts, purger le pays de brigands & repousser les Danois quivinrent insulter Anvers & Boulogne.
Charles polit les mœurs des Saxons & des Frisons & les engagea peu apeu h embrasser le Christianisme. (2) Cette Religion pratiquée par Witikind& les écoles introduites par Charlemagne, changèrent insensiblement le caractèreféroce de ces peuples; il employoit en même tems Tadrcílè, la force & lescarcstès. Mais en fait d’opinions la force est le moyen le moins assuré. Char-les avoit soumis les Wilí’es, peuple Selavon fans chef & fans discipline. (3)Ii alloìt retourner en France, lorsqu’il apprit que les Frisons d'au-delà deTËmbs, s’étoienc soulevés & avoicnt tué ses officiers; Charles vengea cetoutrage par la dévastation du pays renfermé entre TEmbs & le Weser & parImportation d’un grand nombre d'habitans. A cette époque il bâtit T églisede Paderborn & y établit un Evêque. (4) Celui d’Utrecht étoit Alberic,successeur de Grégoire. A Willihad avoit succédé Willerio, dans TEvôché deBrême. E'exemple & la douceur de ces hommes pieux a voient plus fait furles mœurs & le caractère des Saxons & des Frisons , que les armes deCharlemagne. (§)
Tous les Frisons n'avoient pas été rebelles. Dans la guerre que Charlessoutint contre les Huns, appeilés dans TAuíbasie par Taísiìlon, gendre deDidier, ils étoient aux ordres du Comte Théodoric. (6) Les Saxons danscette guerre se révoltèrent encore & se joignirent aux Huns. Les Frisonsétoient à la fuite de Charlemagne, lorsque ce Prince marcha en Italie pourvenger Léon III, des outrages qu’il avoit reçus des Romains révoltés. Ceux-ci ayant refusé de recevoir le Roi, les Frisons qu'il avoit dans son armée,«'introduisirent dans la ville & en firent ouvrir les portes. (7) Quelques au-teurs nient que Charles soit entré de force dans Rome ; niais il n’en est pasmoins vrai qu’il avoit des troupes Frisonnes dans son armée. C’est dans ce
CO Eginh. ad ann. 785. Ann. Met. Krantz. Ann. Fris. Rolvinck de fit. & mor.Westpli. L. n. c. 7. (2) Meyer Ann. Fland. ad ann. 785. (3) Canir. Epist.
Alc. XXX. (4) Ann. Laurish. Lambert, ad ann. 789. (53 Úbbo Emm. rer.
Fris. L. IV. (6) Egiab. ad ann. 709. (7) Ann, Fris. ad ann. 709. Krantz. Ant.
Fris. L. t! l-
FUJI. ajic.de Hol-lande.
Ils se révol-tent & sontvaincus.
Traité depaix tntreCharlema-gne U Wi-tikini.
Les Saxons& les Pri-sons embras-sent C F.-vatigile.
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