OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Suer. II. 309
veuve, & maîtresse de disposer de sa main, avoir suivi volontairement un Htft.snc ;nouvel époux de son choix; il prouva que l’excommunication fondée sur de Hoi-une violence prétendue, étoit injuste & nulle ; que leur mariage libre de límtlt:-part & d’autre, contracté avec les formalités requises, ne pouvoir point être '
dissous. Le Pape touché de ces raisons, & jaloux du droit qu’il prétendoicavoir d’annuller & de confirmer le mariage des Souverains, leva l’excommu-nication, déclara les liens formés par les époux, indissolubles & légitimes& s’entremit pour obtenir le consentement du Roi, qui se laisse fléchir, fitcélébrer le mariage pour la seconde fois & en fa présence ; créa BaudouinComte de Flandre, pour lui donner un titre qui le rapprochât de fa femme& recula les bornes de cette province, depuis la Somme & l’Escaut juf-qu’k la mer.
Cependant les Normans s’étoient emparés d’Utrecht, avoient presque dé- éLes à-truit cette ville; régisse de St. Martin étoit encore renversée, les chanoines mmds cm ~massacrés, l’évêque fugitif. Ils dévastoient tour-k-tour la France, les deux ^wrslava-Germanies & l’Italie. Les François étoient trop foibles pour s’oppofer à ges.leurs incursions. „ Tout étant divisé, ” dit Voltaire, „ tout étoit malheu-,, reux & foible.” (1) Charles achetoit la paix de ces pirates, moyen in-faillible de les exciter à de nouveaux brigandages. Lasses de désoler la Fran- Faiblesce, depuis la Loire jusqu’aux Pyrénées, ils mirent à feu & k sang la Zé- m 9 y ens V te ‘lande. Chargés de butin, ils retournèrent dans leur pays & revinrent bien- ffsleCkautôt après, désolant le plat pays & forçant les marchands de fe réfugier k vs.Wyck-te-Duuríìede, & quand ils y furent renfermés, les Normans fasse- Utrechts?gerent, la prirent, pillèrent tout ce qu’ils y trouverenc & masiàcrerent les í 1 Zéla *<lemalheureux qui s’y étoient retirés. L o chaire & les Saxons accoururent & les ■l acest S w -bloquerent dans une ifle du Rhin. Mais Rome obtint de ce Prince que cesbrigands se retireroient avec leur butin : conduite ridicule, fl elle n’étoit passuspecte. Charles, de son côté, tenoit resserrés dans une ifle de la Loire,les Normans qui avoient dévasté la Bretagne & l’Anjou; il pouvoir en dé-truire jusques au dernier & les laissi échapper: on le soupçonna de s’ctrelaissé corrompre par l’or des barbares, mille fois plus barbare qu’eux. (2) 86/.
Un autre Baudouin, fils de Robert de Heusden, qui s’étoit signalé contre Ihutdmles Normans , avoir enlevé la plus jeune des filles d’Edmond Roi d’Angle- érigé mterre ; mais ils avoient fi bien pris leurs précautions qu’il n’avoit pu décou- Comti » ^vrir leur retraite, quelques perquisitions que le Roi eût fait faire; mais long- °' ca ’ rteins après la Princesse fut rencontrée dans un village de Hollande, filantavec un rouet. Elle avoir perdu son époux & en avoir plusieurs enfans :
Edmond vivoit encore, il fut attendri fur 1 e sort dé fa fille & de fies petits-fiîs : il demanda & il obtint de l’Empereur le titre de Comté pour la terrede Heusden , l’aggrandit considérablement & y rétablit cette famille.. L’Em-pereur voulut qu’elle portât dans ses armes une roue de gueules. (3)
Après la mort de Lothaire , Charles vouloir envahir fa succession, au mé-pris des droits de l’Empereur Louis, frere des deux derniers Rois; il eutune entrevue, k Nimegue, avec Rome: mais ces querelles furent pacifiées au.
(1) Essai fur les mœurs & f esprit des nations, ch. 25. (2) Ubbo Emui. ter. Fris. L.-V».
(3j Aimoin. L. V. c. 24. Ann. Bertin. & Fuld. ad ami, 870..