HISTOIRE DE HOLLANDE
SiCCT. II.fíist. an c.de Hol-.lande.
Nouveau
fartage.
s?z.
'V4- ^Rollon des-cend en An-gleterre.
11 bat UsZ elandois.
Diva [ïeVisle deWakheren.
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moyen d’un nouveau partage, par lequel la plupart des provinces dont nousécrivons fhiíloire, demeurèrent à Louis. Roruc, qui se voyoit recherché-,forma des prétentions exorbitantes: Charles sc méfia de lui & les ordres qu’ildonna firent échouer deux descentes que les Norman; tentèrent peu de temsaprès. ( i ) Rodolphe, neveu de Roruc, parut fur les côtes avec une flotte& descendit dans la Frise ; les Saxons & les Frisons le réunirent, repoussè-rent les Normans, le s battirent & Rodolphe fut tué. (2) Le relie eut étémassacré, fi Roruc n’eût demandé grâce & obtenu une capitulation, par la-quelle il fut convenu que les Normans rendroient leur butin, rejoindraientleurs vaisseaux & ne reparaîtraient plus.
On ne conçoit pas comment après tant de traités si souvent violés, cettenation perfide étoit toujours reçue à capituler. Vers cette époque Ilollon ouRoi, Prince Danois, f un des chefs les plus puisiàns de ces pirates, chasséde fa patrie, rassembla dans la Scandinavie, une jeunesiè nombreuse & tour-na lès regards vers f Angle terre, où regnoit Alfred le Grand. 11 gagna deuxbatailles, ravagea la province de Kent & sc rendit maître de la ville deLondres. Alfred pour se délivrer de ces aventuriers, qui fembloient prendredes forces de leurs défaites même, & pour épargner le sang de ses sujets,employa auprès de leur chef, des ministres adroits , qui lui firent sentircombien il lui ferait plus facile de se procurer un établissement au sein de laFrance divisée en différens partis, affoiblie par les ravages que les Normansa voient faits dans ses provinces & déja vaincue par la terreur qu’ils y avoientrépandue. 11 fit proposer à Rollon des sommes considérables pour l’aiderdans son entreprise, lui promit de lui fournir des vivres s’il en avoit besoin& de le recevoir dans ses ports, en cas de défaite. (3) Rollon adopta csplan. „ 11 fut, dit Voltaire, le seul de ces barbares qui ceílà d’en mériter le„ nom, en cherchant un établissement fixe. " (4) 11 quitta les côtes d’An-gleterre; mais une tempête dispersa sa flotte & maltraita ses vaisseaux: il re-lâcha dims la Zélande, fans autre intention que de réparer fa flotte. LesZélandois s’oppoíèrent à fit descente, dont ils ignoraient l’objet. On sebattit de part & d’autre avec acharnement. La victoire sc déclara pour lesDanois. Ils firent couler des torrens de sang, dévastèrent fille de Walcheren,& se chargèrent de butin; mais la tempête avoit corrompu leurs vivres: cequi en restoit ne fuffifoit pas pour le tems nécessaire aux réparations de laflotte. Rollon en demanda h Alfred, qui n’eut garde de lui en refuser.Lorsque les Hollandois virent arriver ces approvisionnemens, ils ne doutè-rent plus que Rollon ne voúlût s’établir dans l’ifle, & trompés encore dansleurs conjectures, ils sonnèrent l’allarme. Ragimer, Duc de Hasbain & deHainaut, & Radbod, Seigneur de Wcst-Frise, vinrent à leur secours. Rol-lon attaqua Ragimer & le-défit entierement ; il porta la désolation dans tou-tes les files, remonta la Zuiderzée, & trouva Radbod, qui avoit raflèmbléses Frisons pour lui livrer bataille. Rollon ferra son premier rang, afin qu’ilparût moins, lui fit mettre un genou à terre, & ordonna aux soldats d’at-
(O Ann. Bertin. ad eund. ann. (2) Ann. Fuld. Ann. Bertin. ad ann. 873» UW 50Emm. rer. Fris. L. V. (3) Rapto Thoiras Hist. d’Angl, T. 1. (4) EÍIai fur les
mœurs & l’espric des nations, ch. 25.